Chômage à La Réunion : plus de 209 000 Réunionnais inscrits à France Travail
29 juillet, parL’échec d’un système
8 octobre 2011

Dans les questions posées par les députés, deux questions interpellent.
Tout d’abord, celle d’Éric Raoult (UMP). Elle porte sur « le développement des attaques de requins contre des nageurs ou des body-boardeurs, sur les côtes de l’île de La Réunion ». On se demande pourquoi un député de Seine Saint-Denis s’intéresse à ce problème réunionnais. On a la réponse deux lignes plus loin : « Des déclarations assez catégoriques et intempestives d’une collègue communiste sur “son pays” politisent un dossier qui ne l’est pas, mais qui ressort vraisemblablement d’une modification de l’attitude de ces requins ».
Déclarations catégoriques et intempestives ? Dans ce domaine, Raoult est champion toutes catégories. Rapide florilège de quelques-unes des réactions de ce député, dont l’idéologie n’est pas loin de celle du FN : « Voir de nouveaux Français de toutes les couleurs chanter la “Marseillaise”, moi ça me met les larmes aux yeux ». Raoult est l’un des 18 députés qui avaient réclamé le rétablissement de la peine de mort pour les auteurs d’actes terroristes. Et qui dénonce l’homoparentalité. Il avait aussi demandé à ce que l’on interdise aux musulmans de France de se rendre à La Mecque pour cause de grippe H1N1. On lui doit aussi cette question sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt. Raoult se félicitait aussi de la réélection de Ben Ali, qui, selon lui, « était un progressiste ».
Ça pose le personnage. Et ce n’est pas le fait qu’il soit « Membre suppléant de la Commission nationale de l’évaluation des politiques de l’État outre-mer » qui lui confère le droit d’insulter les élu(e)s de La Réunion. Pas plus que cela ne l’autorise à préconiser des solutions concernant le risque requin : « mener une action forte de battue contre les “requins mangeurs d’hommes” ou se rapprocher des autorités américaines qui ont une expérience confirmée en ce domaine ».
Juste pour rire, la dernière phrase de sa question écrite : il demande au gouvernement de lui indiquer ce qu’il « compte donner comme instructions, en ce domaine, au préfet de La Réunion ».
Alors, qui politise quoi ?
La question que l’on a fait poser à Jacqueline Farreyrol n’est pas mal non plus. Une fois de plus, on lui a demandé d’évoquer le dossier de l’ARAST. Et s’en prend au Conseil général, bien évidemment. On a donc dit à l’ex-députée de s’informer sur ce que le gouvernement comptait faire « afin, d’une part, que de telles situations ne se reproduisent plus » et, d’autre part, « que lui soient rappelées les sanctions qui pourraient être prises à l’encontre d’élus qui omettraient sciemment d’honorer, dans l’exercice de leur mandat et au sein des collectivités qu’ils dirigent, des engagements pris devant la justice ».
Histoire probablement d’en informer Michel Fontaine, cet « homme heureux », néanmoins condamné à 4 mois de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende, sans privation de ses droits civiques, dans l’affaire des marchés truqués de la CIVIS, pour détournement de biens publics et favoritisme. Mais qui a été « sauvé par la Justice ».
Heureusement, la madame n’est plus au Palais Bourbon. Pauvre Sénat !
Manon Sandrine
L’échec d’un système
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