Raphaël Babet

28 août 2007

Mon père, Pierre Kichenapanaïdou, a bien connu Raphaël Babet. Ils n’étaient pas du même bord politique, mais ils s’estimaient beaucoup. J’étais jeune, je me rappelle l’avoir vu à la maison. Mon père habitait à “la Butte” (rue du Canal Saint-Etienne, actuellement rue Victor le-Vigoureux), lieu-dit “Casino” à Saint-Pierre.
Mon père, qui avait le C.E.P (Certificat de fin d’Études Primaires), était l’écrivain public de tout le quartier (voir livre “Pierre le Métis”, édition Orphie) ; très connu à Saint-Pierre, il recevait les doléances de la population et c’est son ami Raphaël Babet qui trouvait la plupart du temps du travail pour cette population démunie. C’est vrai que, dans les années 50, c’est le travail qui courait derrière l’homme et non l’homme qui courait derrière le travail, comme aujourd’hui.
Contrairement à ce qu’on peut penser, Raphaël Babet a rayonné dans toute l’île. Il a fait avancer bien des dossiers de La Réunion. Après la départementalisation, l’île est restée une île coloniale. Il fallait tout faire à Paris pour faire comprendre au gouvernement que les Réunionnais étaient des Français à part entière et qu’en conséquence les lois sociales de la République doivent être appliquées dans l’île sans concession.
Les députés Raymond Vergès et Léon Lépervanche ont ouvert la voie de la départementalisation. Les autres députés et sénateurs ont continué à suivre cette voie.
Nous devons être vigilants pour que nos droits ne soient pas bafoués.
La disparition du député Raphaël Babet fut une très grande perte pour La Réunion. Combien nous apprécions l’hommage que la ville et la Société d’histoire de Saint-Joseph ont rendu au député Raphaël Babet qui a tout fait pour son pays et pour que sa mémoire reste inscrite dans l’histoire de La Réunion !

Marc Kichenapanaïdou


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Témoignages - 82e année


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