L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
26 septembre 2007

Tout a été dit sur l’atrocité des crimes commis au Tampon la semaine dernière. Il n’y a pas de mots assez forts pour qualifier le meurtrier. Les journalistes ont fait leur boulot, photos, récit détaillé... Le sensationnel est toujours présent dans la relation d’évènements tragiques.
Les journaux se vendent, les auditeurs se bousculent sur certaines antennes pour donner leurs commentaires, tout le monde en parle et pendant le même temps, la famille des victimes se retrouve seule, face à une douleur tellement forte qu’elle en devient incompréhensible.
Imaginez ce que peuvent ressentir les parents de Béatrice qui sont aussi les grands-parents du bébé, les filles qui ont quitté leur mère le matin et ne la reverront plus vivante, la jeune femme qui perd son enfant et sa mère, la petite fille blessée et tous les autres... Une famille est anéantie par l’horreur et la douleur, toute une famille qui se sent abandonnée après les flashes et les interviews. Pas de nouvelles pour la restitution des corps, les scellés sont sur la maison de la victime, comment nourrir et accueillir tous les petits-enfants, qu’adviendra-t-il d’eux, qui en aura la charge ? Tant de questions angoissantes en ce mercredi soir. Il serait bien que la police ou la justice prévoit une assistance auprès de personnes touchées par un drame aussi horrible que celui de la Chatoire.
Autre question que nous devons aussi nous poser, jusqu’à quand des individus dangereux, condamnés pour tentative de meurtre bénéficieront-ils de remise de peine ? Nos prisons sont surpeuplées, les conditions carcérales permettent difficilement à un prisonnier de se remettre en question. Y a-t-il un soutien psychologique pour que le bourreau prenne conscience de son crime et se prépare à une réintégration convenable dans la société sans développer ou aggraver un sentiment de haine et de vengeance ? Beaucoup de gens disent “c’est bien fait, la prison doit être intenable", mais réalisent-ils que la plupart des détenus vont ressortir, réintégrer la vie normale et si ce sont toujours des êtres affamés de violence, ils seront encore dangereux et commettront de nouvelles atrocités ?
La période d’enfermement devrait préparer à une bonne réinsertion, à une sorte de rédemption. Nous en sommes loin et tous les crimes des récidivistes sont là pour le démontrer. Nous ne réclamons pas des prisons 4 étoiles, mais des conditions de vie décentes pour que le prisonnier libéré ne sorte pas plus féroce que quand il est entré.
Gandhi a dit « oeil pour oeil rend le monde aveugle » et cette simple phrase est à méditer. L’emprisonnement est une punition juste pour tout crime ou délit, celui ou celle qui le subit doit en ressortir apte à reprendre une vie sociale.
Rien ne sera réglé tant que nous n’aurons pas une réflexion profonde sur le devenir des incarcérés.
Vendredi 21, la petite chapelle de la Chatoire est bondée, beaucoup de femmes sont là, bouleversées et en colère comme nous les militantes UFR qui dénonçons depuis 1974 les violences faites aux femmes et aux enfants. Où sont les hommes ?, demande le prêtre qui célèbre la messe. Oui, où sont-ils à part quelques-uns ?
Dans le monde entier les femmes et les enfants sont les premières victimes des coups et blessures administrés par des brutes qui confondent amour et possession.
La violence est partout, aux États-Unis, en Inde, en Afrique, en Europe, partout. La plupart des États ferment les yeux sur cette réalité sous prétexte qu’elle relève du domaine de la vie privée. 44 pays seulement ont adopté une législation sur la violence familiale et 17 pays ont fait du viol par le conjoint une infraction pénale.
Nous réclamons une loi cadre pour que ce dramatique problème soit enfin traité à un juste niveau.
Il est insoutenable de voir entrer dans une église un petit cercueil blanc suivi d’un cercueil de maman. Il est abominable de penser à la souffrance qui va escorter chaque vie des membres de la famille. Il est insupportable de se dire “mais qui sera la prochaine victime de ces meurtres conjugaux ?”. Et tout cela parce qu’une brute armée d’un sabre s’est octroyé le pouvoir de faire mourir.
Ce n’est pas à la vie à la mort que les couples se construisent, nous sommes au 21ème siècle et nous n’en pouvons plus d’enterrer des jeunes femmes et des enfants.
Maryène Berne UFR
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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Messages
28 septembre 2007, 09:28
Je partage le constat qui est fait par l’auteur de cet article mais la conclusion qu’elle tire a le don de m’énerver.
Il faut nous dit-elle une loi cadre pour résoudre une fois pour toute le problème de la violence familiale.
C’est le slogan à la mode à chaque drame, le même refrain "vite une loi".
Pourtant les outils législatifs et réglementaires existent déja...........................il convient juste de les utiliser.
La violence à la Réunion est culturelle et trouve sa source dans la société de plantation. Plus de 150 ans après l’abolition de l’esclavage et plus de 100 ans après l’engagisme, on ne peut que constater les dégats sur les générations actuelles.
La société de plantation c’est la cascade du mépris du haut au bas de l’échelle sociale, c’est l’absence de parole et le coup de chabouk.
La société Réunionnaise actuelle a certes progressé mais présente encore bien des traits de la société de plantation :Les Maîtres qui ont la maitrise de la parole et les autres qui expriment par la violence ce qu’ils ne réussissent pas à exprimer par des mots.
Dans cette société chacun se trouve son esclave à tourmenter et l’homme a trouvé dans sa femme son souffre douleur idéal.
L’éducation seule nous permettra d’extirper la mentalité d’asservi et de voir dans l’autre non pas un objet mais un être d’égale dignité.
CIMENDEF