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14 novembre 2013

Deux jours de visite ministérielle à grands frais pour apporter de réelles solutions à la dramatique situation du chômage à La Réunion ! Qui peut y croire ?
Alors que notre territoire compte plus de 150.000 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi, dont plus de la moitié sont des chômeurs de longue durée, que les offres d’emplois sont en baisse, que les entreprises ferment ou sont au bord de l’asphyxie.
Alors que la misère se retrouve à tous les niveaux dans la société réunionnaise, les familles souffrent de pauvreté, d’exclusion, de mal-logement, d’analphabétisme…
Le Ministre Michel Sapin “vient bat son carré” à La Réunion du 14 au 15 novembre. Au programme : visites officielles, inaugurations, mise en scène de signature de contrats, rencontres avec les politiques locaux, et tout le gaspillage d’argent public qui va avec.
Nous n’aurons certainement pas le privilège de rencontrer le ministre, mais nous lui adressons ces quelques remarques sur l’emploi à La Réunion et les dernières mesures prises par le gouvernement.
Les contrats aidés (CUI-CAE) restent le socle des offres d’emplois proposées sur notre île. Le taux des emplois durables (plus de 6 mois) est maintenu grâce à l’allongement de la durée moyenne des contrats aidés.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les bénéficiaires des contrats aidés sont en grande partie diplômés, et certains sont même sur-qualifiés par rapport à l’emploi qu’ils occupent. Faut-il nécessairement être diplômé pour faire l’entretien des locaux et des abords des routes ?
Les chômeurs de longue durée sont les principaux bénéficiaires des contrats aidés (CUI-CAE), mais ils alimentent un cercle vicieux alternant emploi précaire, période de chômage sans perspective d’insertion durable.
Ce cercle vicieux est entretenu par les politiques, obligeant les demandeurs d’emploi à quémander un « p’tit contrat » auprès des collectivités locales.
Le dispositif “Emploi d’avenir”, malgré une ouverture tous azimuts au secteur marchand, peine à réaliser les objectifs qui lui ont été assignés. Nous pouvons donc nous interroger sur l’efficacité de cette mesure sur notre territoire.
En effet, au bout d’un an de mise en œuvre, moins de la moitié des contrats ont été initiés. Sur ces derniers, moins de 30% concernent les non qualifiés, les autres ont une qualification allant du CAP à Bac+2 et plus.
La donne est faussée, car les jeunes sans qualification ne sont pas, dans les faits, prioritaires sur les emplois d’avenir.
Alors que le nouveau dispositif “Garantie jeunes” démarre à La Réunion, n’aurons-nous pas à faire les mêmes constats d’échec ?
Que dire du sort de nos séniors ? Durement touchés par les réformes des retraites, de plus en plus nombreux à être inscrits à Pôle Emploi (+19% d’augmentation sur un an) et pour qui le gouvernement n’a rien prévu si ce n’est le Contrat de génération dont nous n’avons aucun chiffre officiel à ce jour.
Alors, Monsieur le Ministre, qu’avez-vous à proposer à nos sans-emploi, à notre jeunesse et à nos séniors pendant ces deux jours ?
Pour le SNU FSU Réunion
Gérard Léonard
Jérôme Payet
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