Rendre à César…

16 août 2003

L’expression, tirée de l’Évangile, est tellement connue qu’elle est passée en proverbe. Justement, je la prends ici au pied de la lettre, dans son sens le plus courant, me réservant pour une autre fois la seule interprétation à mes yeux conforme à la parole même de Jésus-Christ et qui exclut définitivement toute compromission avec le Pouvoir, tous les pouvoirs. Aussi, je préférerais dire : "rendre justice".
Oui, je veux rendre justice au Parti communiste réunionnais pour son combat inlassable, depuis en tout plus d’un demi-siècle (en comptant le temps où il était encore une fédération du Parti communiste français), en faveur des plus démunis. Je le dis d’autant plus sincèrement que je n’en fais pas partie, et que personne ne m’a demandé de le faire. C’est donc en toute liberté que je peux en parler, à partir de ma longue expérience et au nom de ce que je crois être la vérité.
C’est un argument usé et archi usé : combien de fois en effet n’ai-je pas lu ou entendu que le PCR ne fait qu’exploiter la misère, les souffrances, les difficultés du peuple réunionnais ? Et combien de fois aussi, depuis que j’ai "l’âge de raison", n’ai-je pas fait cette réflexion : "Heureusement qu’il existe, ce parti !".
Car, à mon âge, vous pensez bien, j’ai vu, de mes yeux vu, tant d’injustices autour de moi, dans mon quartier, dans ma ville, dans mon île provoquant mon indignation, que je veux aujourd’hui ouvertement témoigner.
Pendant très longtemps, ce parti, à travers ses dirigeants, ses militants et son journal a été le seul, je dis bien le seul, à dénoncer publiquement les abus, les injustices qui sévissaient, et qui persistent encore sous d’autres formes. De cela, je pourrais vous donner mille exemples. Depuis les campagnes menées sans relâche pour la simple application des mêmes lois qu’en France, pour réclamer la mise en place du salaire minimum (le SMIG, devenu par la suite le SMIC) dans les mêmes conditions que là-bas, des mêmes allocations familiales, des mêmes allocations aux vieux travailleurs (le "salarié"), de l’assistance médicale gratuite, l’AMG pour les malades les plus pauvres - les fameux "bons roses" - remplacée par la suite par la CMU (la couverture maladie universelle)… jusqu’aux manifestations les plus récentes pour le droit au travail pour tous, contre le chômage.
Aussi, quand aujourd’hui je le vois prendre la tête d’une marche pour la défense des emplois précaires qui sont menacés, alors une fois de plus je m’en réjouis et je le félicite. Il ne fait au fond que continuer une vieille tradition qu’il avait lui-même inaugurée, avec parmi bien d’autres initiatives : l’inoubliable et émouvant défilé organisé pour les sans-travail, et qui partait comme ce mardi 12, du Port à Saint-Denis, avec à sa tête l’ancien maire de la ville, Paul Vergès, et le curé de la paroisse, le révérend père Urbain Quatrefages.


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Témoignages - 82e année


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