L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
19 janvier 2008

Le CAC 40 aura eu vingt en 2007. De 1.000 points d’indice à sa naissance, il cote à 5.700 aujourd’hui soit une augmentation de +470%. De quoi reverser en 2006, aux actionnaires 32 Milliards (Mds) d’euros de dividendes et 8 milliards d’euros de rachat d’actions (sur les 80 Mds d’euros de bénéfice). Un conte de fées si on isole le fait. Or pendant cette même période, la part des salaires dans le PIB français - mais c’est aussi valable dans bon nombre de pays - a baissé de 9,3%. Ce ripage du travail vers le capital dans le partage de la richesse est estimé entre 120 Mds et 170 d’euros. Il intervient de surcroît au cours du cycle dit communément des “trente piteuses” avec une croissance moyenne de 2% en comparaison des 4,8% des “trente glorieuses”. Ce recul - tout le moins relatif - de la masse salariale globale a produit des suppressions d’emplois (donc chômage, restructuration, délocalisation donc chantage salarial), une augmentation du temps partiel (de 6% à 18% du salariat entre 1980 et 2007) et de l’intermittence (de 17% à 31%). Parallèlement, l’augmentation des salaires indirects (en taux et en type de cotisations), davantage pour compenser les inconditionnelles exonérations de circonstance que pour véritablement améliorer les prestations, est telle que, au final, le revenu salarial net n’a pratiquement pas augmenté depuis ces vingt-cinq dernières années (16% pour la meilleure des estimations), à l’inverse d’une productivité qui n’a cessé de s’améliorer (la réduction du temps de travail y contribuant, il est vrai). Et ce ne sont pas les enfumages du type monétisation des RTT (Sarkozy), implantation des hypermarchés (Attali), flexisécurité, etc., en réponse notamment à la baisse du pouvoir d’achat, qui amélioreront la condition du travailleur, du retraité, ni même de l’économie générale, je le crains.
Enfin, autre donnée de taille, la part du budget de l’Etat dans le PIB est passée de 19,5% en 1993 à 17% en 2005 causant ainsi la réduction des marges de manœuvre en matière de fonctionnement des services publics - patrimoine de ceux qui n’ont pas de patrimoine - ou alimentant la dette jusqu’à n’en plus pouvoir et procéder à des privatisations.
Du reste, ces évolutions ne résultent pas d’un mouvement naturel des choses vers un ordre supposé indépassable, ni même d’une prétendue main invisible du marché. Elles ont aussi, dans l’ordre politique, et à divers niveaux, fait l’objet de délibérations les favorisant. Pour un libéral, rien de contrariant. Pour un socio-démocrate, un enseignement en principe : « l’économie du ruissellement » (les cadeaux consentis aux riches ruissellent jusqu’au bas de l’échelle sociale, ...) est une impasse. L’ouverture au monde, la libre circulation des capitaux en quête de rendements élevés et en l’absence de contrôles publics (voilà un jury populaire qui aurait une véritable utilité de classe !) amènent les Etats, notamment émergents et/ou faiblement démocratiques, au nivellement social et fiscal tout en contraignant au rétrécissement du l’action publique au profit du privé. Ce nouvel âge du capitalisme, global et financier, en est, pour satisfaire à son obligation d’extension rapide, à la diffusion la plus large de produits “titrisés” au degré de risque incertain. Survient une crise et c’est toute l’économie mondiale qui, par effet de système, s’en trouve affectée. La crise des “subprime” américains n’a pu être jusqu’à aujourd’hui contenue qu’en raison de l’intervention massive des banques centrales. Le plus dur restant peut-être encore devant nous.
Evidemment, cette fuite en avant doit être stoppée au plus vite, dans l’intérêt du plus grand nombre. Et c’est au politique, par usage de la souveraineté populaire, de l’initier. Encore faut-il qu’il y croit lui-même. Car tristement, en usant de toutes sortes de contorsions, les socialistes français (version socio-démocrates) n’en montrent hélas pas le chemin avec, dernier épisode en date, le renoncement à imposer à N. Sarkozy un référendum sur le Traité de Lisbonne ... alors même qu’ils nous serinent de démocratie participative à tout bout de programme. Pire, l’ex-candidate S. Royal est même allée jusqu’à déclarer que le Président l’ayant annoncé en campagne, c’est donc désormais chose entendue. Autant alors enterrer la démocratie sociale, le Parlement et remettre les pleins pouvoirs au chef de l’Etat. Enfin, je ne développerai pas, pour ne pas trop l’accabler, la démocratie façon institution européenne qu’elle approuve évidemment. Du coup, l’occultation par tous, volontaire ou pas, du débat politique de cette question du partage de la richesse, à l’inverse de l’insistante évocation des trous de la sécurité sociale (12 Mds d’euros) ou du déficit de la branche retraite (5 Mds d’euros) de la dette de l’Etat (1 100 Mds d’euros) semble jusqu’à relever de la propagande d’une certaine et même idéologie pour laquelle la souveraineté populaire est un obstacle. Alors comment ne pas y voir comme un bégaiement de l’Histoire lorsque les indépendantistes déjà confrontaient leurs thèses : monarchie constitutionnelle ou République ? Souveraineté populaire intégrale ou souveraineté limitée ? Une version parmi d’autres de la scène fondatrice, celle qui a vu le roi Louis XVI faire voter par alignement des députés à sa droite et à sa gauche, les partisans et les adversaires du droit de veto. Une scène rejouée chaque fois qu’il est question du droit du peuple à disposer de ses décisions sans que lui soit opposée la primauté de la parole d’un roi, d’une commission européenne ou n’importe quelle instance qu’il n’a pas élue. Le point de départ de l’idée de gauche et de droite est historiquement là.
Jean-Hugues Savigny
(La Possession)
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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