Di sak na pou di

Réussir au Québec : savoir que c’est possible…

Raymond Lauret / 31 octobre 2018

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A la veille de l’arrivée dans notre île de responsables québécois qui viennent proposer des contrats d’étude et d’insertion professionnelle à des lycéens réunionnais, Franck Cellier a consacré, ce lundi 29 Octobre, deux pages du Quotidien à la « mobilité des Réunionnais au Québec ». Mais, prévient-il, s’il s’agit là d’une belle opportunité à saisir, « autant savoir aussi que le rêve canadien a ses revers ».

Bien sûr, dans toute chose, il y a les bons et les moins bons côtés. Il serait irresponsable de laisser nos jeunes compatriotes croire qu’il leur suffit de prendre l’avion pour que, automatiquement, à Montréal ou à Québec, tout va avancer comme sur des roulettes. Dans un pays où l’hiver dure plusieurs mois et où le thermomètre peut alors descendre jusqu’à moins 40 degrés, il importe que l’on ait la volonté de s’adapter à ce qui sera pour nous, Réunionnais, un nouveau mode de vie, à l’autre bout de la Terre.

Mais à l’heure de l’aviation banalisée et l’informatique pour tous, le Monde est devenu un grand village. Il nous faut ne jamais l’oublier. Et pour, d’une part, avoir été, à une époque de ma vie citoyenne, associé à la démarche régionale de coopération entre notre île et le Québec, coopération qui se poursuit aujourd’hui encore, et, d’autre part, pour connaître de nombreux réunionnais et réunionnaises qui ont parfaitement réussi leur implantation là-bas, je veux ici encourager nos jeunes compatriotes à tenter l’expérience.

Pour réussir là-bas, il faut y aller avec son cœur. Le Québec est un beau pays. On y parle français et le souvenir du Général De Gaulle et son « Vive le Québec libre » sont toujours vivants. Les gens sont respectueux. On bénéficie d’un mode de circulation remarquablement bien agencé. Et, surtout, cette province du Canada a besoin de main d’œuvre.
Celui qui veut réussir peut réussir. Il lui faut travailler en s’adaptant à l’esprit très libre qui prévaut dans les entreprises de là-bas. Les exemples ne manquent pas de ces jeunes réunionnais et réunionnaises qui ont su y trouver leur place.
L’an dernier, en pleine Fêtes de l’Eté, un mercredi soir, sur une des places publiques de Québec, Gilbert Pounia et Ziskakan étaient sur scène. Avec trois amis réunionnais dont Sandrine Péria-Simbin, alors chargée de mission de la Région Réunion au Québec, mon épouse et moi nous nous y étions évidemment rendu. Et là, moment magique, c’est la rencontre avec d’autres originaires d’ici. Moment merveilleux où, sous les regards émus du public, l’on se congratule et où on sent combien nos compatriotes qui ont choisi de s’installer là-bas savent qu’ils ont fait le bon choix.

Oui, je n’hésite pas à le dire : je recommande à nos jeunes compatriotes qui ont envie de « bouger » de prendre le risque de vivre dans ce pays remarquable et accueillant, pays qui offre à l’étranger la possibilité de s’y intégrer et de s’affirmer tout en participant à la mise sur orbite d’une nation qui veut préfigurer le monde de demain, un monde qui serait bâti sur la fraternité.
Sandrine Péria-Simbin et son équipe ont réussi, au-delà de tout ce que nous pouvions alors espérer, dans la difficile mission qui leur a été confiée par la Région Réunion. Je n’ignore pas que le travail lancé à l’époque par Paul Vergès et son équipe a été poursuivi. Il faut continuer.
Il est normal qu’il y ait eu des échecs enregistrés ici ou là. Ces échecs ne doivent pas nous faire oublier les réussites. A nos jeunes compatriotes de faire le pari qu’ils peuvent réussir. Et de se lancer, avec le soutien des pouvoirs publics bien entendu. Avec, également, leur pleine volonté…

Raymond Lauret



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Messages






  • Merci, M. Lauret, pour ce beau témoignage.
    Moi aussi, j’ai croisé, au Québec, des Réunionnais qui semblaient heureux de leur installation, de leur réussite professionnelle.
    C’est un beau pari réussi pour les "décideurs" qui ont cru au Québec, bien avant Skype, les liaisons aériennes plus nombreuses aujourd’hui... et une véritable opportunité pour les jeunes Réunionnais d’aujourd’hui.
    En 1989, à l’Université Laval de Québec, j’étais le seul, entouré de Mauriciens.
    Le froid, je l’ai vécu avec un certain plaisir. On n’imagine pas combien on peut passer son temps dehors malgré les températures négatives, ski de fond sous la pleine lune, raquettes dans les bois...
    Aujourd’hui, mes anciens camarades de promo qui sont aujourd’hui enseignants dans les universités québécoises me parlent en plaisantant d’invasion réunionnaise...

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