Tribune libre

Réveiller la conscience de gauche

30 octobre 2007

Depuis les manifestations meurtrières de 1991, il n’y a plus de conscience révolutionnaire assumée à La Réunion. Devant les exactions du gouvernement Fillon et du président Sarkozy, il faudrait pourtant que la conscience du peuple se réveille. Comment accepter, par exemple, que pour rembourser le déficit de la Sécurité sociale, les usagers doivent payer la note ? Alors que, dans le même temps, on fait des cadeaux mirifiques aux patrons. 15 milliards d’euros de cadeaux contre 12 milliards de déficit. Je crois que le compte n’y est pas.
Et qu’on ne vienne pas me dire que si on ne fait pas cela, les patrons s’en iront, car cela fait 30 ans qu’on est aux petits soins avec ces chers patrons, et que rien ne change. Maintenant que l’on a vu que le système ne marchait pas, pourquoi ne pas appliquer une bonne vieille recette de gauche, à savoir augmenter le pouvoir d’achat, pour que les gens achètent plus, et que cela entraîne toute l’économie ? Tout cela est affaire de choix, et d’idéologie. Pour la droite, rien ne vaut mieux que de choyer les patrons qui ne pensent qu’à augmenter leurs marges bénéficiaires. Pour la vraie gauche, pas celle des plateaux télé, rien n’a plus de valeur que l’humain. Et cela, on a un peu tendance à l’oublier dans ce pays, soi-disant Patrie des Droits de l’Homme. Tout se passe comme si on était hypnotisé. Tout se passe comme si les bonimenteurs en place depuis des dizaines d’années faisaient réellement tout ce qu’ils pouvaient.....
Les entreprises ont de plus en plus le droit de licencier. Le Code du travail n’est qu’une cible sur laquelle le MEDEF et le gouvernement s’en donnent à cœur joie. Les droits des salariés ne sont plus que des affabulations des doux rêveurs comme moi.
Alors, finalement, l’élection de M. Sarkozy est peut-être une chance pour le peuple de gauche. Car à subir les attaques de cette classe dominante, le peuple, à un moment ou à un autre, va se réveiller. La conscience de gauche, je l’espère, va redevenir une vraie entité, et le monde syndical va enfin prendre son envol.
Une meilleure vie pour tous nos concitoyens est à ce prix. Tous méritent un meilleur sort. Nos gramounes, qui ont travaillé dur toutes leur vie, méritent des retraites décentes. Nos jeunes méritent d’avoir d’autres horizons.
Alors, que faut-il faire ? A mon humble avis, il faut relancer la conscience révolutionnaire. Que les gens se réveillent. Que les rues soient remplies de nos cris et revendications. La désobéissance civique doit devenir la règle ! Après tout, les grandes avancées sociales ont été considérées comme des hérésies à l’époque. L’Histoire les a jugées comme des actes de bravoure, de justice et de liberté des grands révolutionnaires, ou des grands défenseurs de la République.
A ce prix, on pourra encore sauver ce monde.

Bertil Bertrand Reshad


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus