APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
18 juin 2013

Un mouvement composite rassemblant des ex-gauchistes, nostalgiques de mai 1968, des anciens communistes, socialistes désabusés par une mondialisation sociale-démocrate, des libertaires de tous horizons auxquels viennent s’ajouter des identitaires, des membres de l’UMP, du FN, des libres penseurs, etc. s’est regroupé en 2007 dans une structure baptisée Riposte Laïque.
Si le terme riposte ne suscite aucune ambiguïté dans son approche sémantique, il n’en va pas de même pour le terme laïque. En effet, une véritable surenchère politique et médiatique tend à sacraliser le concept de laïcité et de ce fait l’ériger en une idéologie religieuse comparable au culte de la Raison célébré solennellement le 10 novembre 1794 à Notre-Dame de Paris, le culte de l’Etre Suprême présenté à la Convention, célébré à Paris et dans toutes les grandes villes de France le même jour : le 8 juin 1794, et le culte décadaire, tous trois fondés par Robespierre, au nom de la Raison pour mieux affronter l’influence de l’Eglise catholique à la veille de la Révolution française. A titre d’exemple, Robespierre ira jusqu’à « faire sonner les cloches des cathédrales de France » pour mieux célébrer le culte de la Déesse Raison : prémices de Marianne que je m’évertue à appeler la Vierge Marie de la République, ce qui permet à un ou une administrée de recevoir, s’il ou elle le souhaite, le baptême républicain, administré par le maire de sa commune de résidence. Le premier magistrat de la commune se transformant pendant ce court instant en un prêtre républicain.
La loi de 1905 appelée « Loi de séparation des Eglises et de l’Etat » introduit explicitement une distinction entre les croyances qui doivent relever de la sphère privée et affirme avec force la neutralité de l’Etat en matière religieuse. Le terme laïque ne figure pas dans cette loi, il faudra attendre la Constitution de 1958 pour que le concept de laïcité fasse son apparition dans son article premier.
Ce concept paraît louable dans la mesure où il ne privilégie aucune religion et donc les accepte toutes. Un éminent professeur de Sciences politiques : Feu Alfred Grosser, avait pour habitude de définir la laïcité comme l’indifférence à la différence.
De ce fait, l’appellation Riposte Laïque devient un oxymore dans la mesure où, sous couvert de laïcité, ce mouvement dénonce dans les termes les plus triviaux ce qu’il considère comme une « islamisation rampante de la France » ! En cet instant précis, nous ne sommes plus en présence de défenseurs ou de militants zélés d’une quelconque laïcité, mais plutôt d’un combat idéologique et planétaire contre l’Islam et les musulmans à travers le monde. La lecture du site de ce mouvement fait froid dans le dos eu égard aux propos, aux épithètes utilisées pour parler des musulmans : « décapitations, histoire sanglante de l’Islam, fascistes, intolérants, nouvelle peste verte, islamo-racailles, l’Islam veut notre mort, l’enjeu de la guerre islamique, la Reconquista ou la mort de l’Europe, etc. ».
A ce propos, ce mouvement jalouse Marine Le Pen dans sa dénonciation des prières de rues puisqu’il se vante de l’avoir devancée au moment où, selon ses adeptes, personne n’évoquait ce sujet.
Ce mouvement oserait-il remplacer l’épithète musulmane par l’épithète chrétienne, juive, bouddhiste ou hindoue dans chacune de ses incantations ? Evidemment, la réponse demeure négative. Par conséquent, il ne s’agit pas d’une riposte laïque, mais d’une riposte haineuse qui déverse quotidiennement à travers la manipulation et le mensonge sa haine du musulman. Un mot français existe pour qualifier cette attitude : l’islamophobie. Sauf à considérer que l’islamophobie soit devenue synonyme de laïcité.
Enfin, tous les territoires de la République française ne sont pas soumis à ce principe de laïcité : l’Alsace-Lorraine, la Guyane ou les 27 prêtres du département sont rémunérés par le Conseil général, ce qui coûte aux contribuables guyanais : 800.00 euros. Le financement des cultes à Saint-Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna, en Polynésie française s’élève à 19 millions d’euros, subventionnés par l’Etat français. Je précise que tous ces financements y compris celui de Guyane ne concernent que les chrétiens et les juifs.
La laïcité française ne serait-elle conçue, stricto-sensu, que pour les musulmans de France puisque Riposte Laïque ne mentionne jamais ces territoires ?
Répondons à Riposte Islamophobe, alias Laïque, par les trois concepts de Condorcet qui fondent l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, publié en 1793 : “Raison, Tolérance, Humanité”.
Luis-Nourredine Pita
(Le Port)
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