Roger Eléonore : une grande figure portoise...

Hommage

3 février 2007

L’église Sainte Jeanne d’Arc du Port, pourtant très grande, suffisait tout juste hier après-midi pour accueillir toutes celles et tous ceux qui étaient venus témoigner à Roger Eléonore leur affection et leur amitié et lui faire un dernier salut.
J’ai peu connu Roger Eléonore. Nos âges, nos centres d’intérêt, nos types d’engagements m’ont, à une époque, paru justifier qu’on se saluait, qu’on se serrait la main et qu’on faisait, lui de son côté, moi du mien, nos chemins respectifs.
Et puis, au fil du temps qui mène forcément nos regards à se porter vers un horizon plus large, j’ai appris à donner toute sa dimension à cet homme dont la discrétion, mais aussi la démarche et également la chaleur qui se dégageait dans ses poignées de main, mais encore toute la générosité et l’assurance tranquille qu’il mettait quand il accompagnait dans une vision rassurante du destin qui nous attend celui qui se sentait diminué par la maladie ou un échec, oui j’ai appris à donner sa belle dimension à cet homme qui nous inspirait à tous respect et estime.
J’ai aimé qu’hier, dans l’énorme foule venue soutenir son épouse Denise, ses enfants et ses petits-enfants, il y avait des hommes dont il avait pu ne pas partager les idées, mais dont la présence témoignait bien que, finalement, les engagements de notre vie, quels qu’ils soient, sont seuls garants du souvenir que nous laisserons.
Oui, j’ai aimé qu’hier, dans l’énorme foule venue lui dire adieu, il y avait Fabien Lanave, Serge Bourhis, André Gontier et tant d’autres figures qui ont fait la vie sociale de notre cité maritime mêlées aux générations d’aujourd’hui.
Roger Eléonore savait rassembler, il aimait œuvrer au rapprochement des hommes dans une fraternité vraie. Ses obsèques ont consacré ce trait de sa personnalité.
« Roger, dira le Père Sylvain Labonté, ne fut sans doute pas parfait. Nul ici-bas n’est parfait. Il fut simplement homme, pleinement homme. Et, j’ose le dire, il fut un homme exceptionnel ; pas seulement le pédagogue et le maître remarquable, mais une école à lui tout seul... »
Je le crois moi aussi.

Raymond Lauret


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