Di sak na pou di

SAIPER : « Devons-nous retourner dans nos établissements comme si de rien n’était ? Combien de minutes de silence encore, devrons-nous subir ? »

Témoignages.re / 24 octobre 2020

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L’assassinat prémédité de notre collègue a laissé l’ensemble du pays dans un état de sidération sans qu’aucune véritable prise en compte, au-delà de l’émotion, de nos conditions d’exercice et des violences quotidiennes subies ne soit évaluée à la hauteur de leurs réalités.

Entendre notre ministre se plaindre et nier l’isolement des enseignants, nier l’attitude coutumière de notre hiérarchie, face à toutes les situations de violence devenues ordinaires laisse un goût amer à toute la communauté éducative de ce pays.

Sans doute, sommes-nous trop nombreux, nous et nos élèves pour que ce gouvernement nous choie véritablement, n’hésitant pas à nous affubler de masques potentiellement toxiques, comptant toujours sur notre professionnalisme pour que la machine de l’éducation nationale fonctionne.

Mais la colère et le sentiment d’abandon sont bien palpables à qui veut se donner la peine d’écouter notre profession, combien encore de Christine Redon, Samuel Paty, Fabienne Terral-Calmes… avant que des mesures ne soient efficientes dans la durée.
Pour cela, il faut ouïr véritablement la parole des enseignants.

Alors oui, lundi 26 octobre 2020, nous reprenons le chemin de nos écoles et établissements mais manifestons - nous, habillons-nous en noir, ne laissons-pas la mort de nos collègues sans réaction de la part de chacun d’entre nous.

SAIPER UDAS