Santé !

3 mars 2007

Le procès de l’Erika est vraiment passionnant, surtout quand on découvre, au détour d’un courrier des lecteurs, que ces messieurs les pollueurs sévissent aussi à La Réunion, même si c’est plus discrètement.

Ici, pas de grosses galettes visibles et puantes sur les plages, mais du kérosène bien raffiné dans la nappe phréatique située sous l’aéroport de Gillot.

Faisons confiance à la loi du silence : On ne connaîtra probablement jamais l’ensemble des raisons qui ont fait que ce carburant ait fini là.

Cependant, au vu des pratiques et de l’éthique d’une compagnie pétrolière comme Total avec l’Erika (ses confrères n’ayant pas fait mieux avant elle), il ne fait aucun doute que la forme ordinaire de cupidité qui consiste à dépenser moins que ce qui est nécessaire pour gagner plus que ce qui est raisonnable a probablement joué un rôle majeur dans cette affaire.

Si vous allez voir comme moi sur Internet la composition chimique du kérosène vous allez découvrir qu’il contient jusqu’à 25% d’hydrocarbures aromatiques.
Si le terme aromatique fait penser au parfum des roses, il s’agit en réalité de produits cancérogènes assez peu sympathiques.

Si la nappe phréatique est contaminée, il est urgent qu’elle ne soit plus utilisée.
Si elle n’est déjà plus utilisée, soyez certains que c’est pour toujours.

Tous ceux qui ont été privés d’eau potable à l’occasion de Gamède savent à quel point une ressource d’eau potable est précieuse.
Les habitants du Sud qui en sont privés depuis plusieurs semaines le savent mieux que quiconque.

Une nappe phréatique de perdue, c’est une partie du patrimoine des Réunionnais actuels et futurs qui est amputée.

Mais rassurez-vous chers amis, et rassurez vos enfants :
Pendant que votre eau se meurt, l’accumulation des bénéfices astronomiques des compagnies pétrolières continue. Les milliards d’euros se comptent à la douzaine.

Ne vous inquiétez donc pas pour eux :
Ils ne trinqueront pas en l’honneur de leurs bénéfices records avec l’eau de votre robinet vide, mais avec des verres d’un bon champagne millésimé.

Santé messieurs !

Pierre Martin


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