Sarkozy et l’islam

29 juillet 2008

Nicolas Sarkozy et le prince saoudien Al-waleed ben Talal ben Abdulaziz al-Saud (diminutif : Saudi ben) ont posé le 16 juillet la pierre initiale du nouveau département d’art islamique du Musée du Louvre. Le président français a déclaré : « C’est l’occasion pour les Français et tous les visiteurs du Louvre de voir que l’islam, c’est le progrès, la science, la finesse, la modernité, et que le fanatisme au nom de l’islam est un dévoiement de l’islam. (...) Tuer au nom de l’islam, c’est bafouer l’islam. Ne pas respecter les droits de la femme au nom de l’islam, c’est bafouer l’islam ».

Il devait être quand même curieux de prononcer ces phrases devant un éminent représentant de l’Arabie des Saoud (la dynastie au pouvoir), un pays quatre fois plus grand que la France qui regorge de pétrole (2% de la population détiennent 99,9% des ressources naturelles du pays) et qui est gouverné selon la charia, la loi canonique islamique régissant la vie religieuse, politique, sociale et individuelle. Dans ce pays, aucune manifestation ou culte d’une autre religion n’est acceptée et ceux qui expriment une opinion différente sont déclarés apostats et passibles de la peine de mort. Les femmes y sont des citoyennes de seconde zone obligées à vivre dans l’ombre des hommes. Un adultère est passible de mort. Un voleur a la main coupée.

Si Sarkozy veut faire voir de l’islam sa face lumineuse, quel est l’objectif recherché par le prince saoudien qui a injecté 17 millions d’euros dans l’opération ? Amadouer les Occidentaux ? Une chose est sûre : il a agi dans l’intérêt de son pays, ce qui, d’emblée, inquiète.

Sylvio Le Blanc


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