L’enjeu du contrôle total de La Réunion pour sauver les intérêts de la France en Afrique
18 août, parPEC : derrière la baisse des crédits, la stratégie de recentralisation de Paris dans l’océan Indien
26 avril 2007

Au lendemain du premier tour, nombreux se félicitent de la baisse du score de Jean-Marie Le Pen (800.000 voix), mais faut-il vraiment s’en réjouir quand le moindre politologue de comptoir se doit de considérer que ces voix sont venues grossir celles de Nicolas Sarkozy en récompense de son discours toujours plus extrémiste de sa première partie de campagne ? Le ministre de l’Intérieur avait d’ailleurs bien préparé cette présidentielle par son action gouvernementale : une politique répressive et violente pratiquée au délit de faciès, le renvoi des plus déshérités de la planète dans leur dictature d’origine ou dans leur misère profonde, la chasse aux enfants scolarisés de parents sans papiers, l’atteinte aux mesures les plus fondamentales de justice sociale par l’augmentation des droits de succession... Le candidat Sarkozy en a rajouté pour ceux qui n’avaient pas compris en flirtant avec l’eugénisme, ou en semonçant la presse qui n’était pas aux ordres.
Le Pen ne décolère pas, lui qui voulait lisser son image, c’est M. Sarkozy qui fait du Le Pen et lui pique son commerce. Eh bien, tout ça n’est pas suffisant pour décourager les bons démocrates de France ! Le candidat Sarkozy est plébiscité dès le premier tour, crédité de plus de 30% des voix. Que faut-il penser de ce visage de la France qui, aujourd’hui, nous atteint tous individuellement ? Fallait-il que ce pays passe par la décapitation de la royauté, la commune de Paris, 1936 et Mai 68 pour en arriver là ? Tant de combats pour introniser un homme qui n’a que son ego à défendre, et la politique du MEDEF par la mise en place d’une société policière conforme aux cyniques directives de l’OCDE qui affirmait, il y a de ça quelques années, que les réformes en profondeur de toute politique libérale digne de ce nom doivent nécessairement s’accompagner de moyens policiers adaptés pour se mettre en place face au mécontentement inévitable de la population. Quel est donc le moteur du vote Sarkozy malgré de telles attaques aux libertés fondamentales ?
Force est de constater que ces 20 dernières années ont déversé leurs lots de peurs : peur du chômage, peur de la précarité, peur de l’immigré et de sa culture, peur de la concurrence à l’emploi, peur des pandémies mises en exergue par les médias spectacles, peur des jeunes qu’on ne comprend plus, peur de la délinquance, peur de l’autre, peur du voisin, peur des incertitudes qui pourront déranger ses actions boursières, et autres fleurons capitalistiques issus de la vague libérale des années Mitterrand... il faut donc à la France son père protecteur, son père fouettard, le voilà donc le pompier-pyromane qui, après avoir largement contribué à installer cette société de l’insécurité sociale avec son équipe gouvernementale et ses prédécesseurs, ramasse la mise. La boucle est bouclée. Aucune lucidité de la part de cette majorité conservatrice, aucune retenue, rien que de la protection sécuritaire. S’en indigner, c’est aussi ne pas oublier les responsabilités des partis de gouvernement de la “gauche plurielle” et de la “droite molle” qui y ont collaboré de période d’alternance en pouvoir exclusif. Il nous restera donc nos manuels d’Histoire pour nous rappeler cette France des valeurs d’égalité et de fraternité. Pour autant, un fait marquant nous donne quelque espoir dans ce paysage politique sinistre, c’est le vote de l’ensemble des DOM, dont La Réunion, qui a su considérer que le danger représenté par l’ex-ministre de l’Intérieur, pourfendeur des émigrés et des libertés, était bien réel pour les Régions outre-mer. Ce ministre qui libère la police de sa retenue républicaine, qui s’attaque à la protection sociale par la remise en cause du RMI.
Aujourd’hui, il faut être fier d’être Domien, même si ce vote en réaction est loin de répondre aux attentes réelles de la population en matière sociale en particulier. Maintenant, la campagne du 2ème tour s’engage, N. Sarkozy nous entonne sans vergogne le couplet de la fracture sociale du Chirac de 1995. Gageons que la France métropolitaine nous surprenne par un vote contre cet état policier anti-social et que ce vote vienne réduire le désespoir de voir la France des lumières entrer dans le fénoir, après que les DOM aient montré la voie.
Didier Bourse
PEC : derrière la baisse des crédits, la stratégie de recentralisation de Paris dans l’océan Indien
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