Di sak na pou di

Scandaleux et scandaleux

Marylène Berne / 23 octobre 2017

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Un récent jugement n’a pas reconnu les droits d’une victime âgée de 11 ans au moment des faits.

Le harcèlement sexuel existe depuis des éternités, le pouvoir masculin cherchant toujours à s’établir dans un rapport dominant, dominées. Le droit de cuissage, expression triviale, continue à s’exercer sur celles qui ne peuvent se rebeller car elles ont peur de perdre leur emploi et par conséquent leur moyen de subsistance. C’est le cas des travailleuses dans tous les secteurs de la vie économique.

Dans un autre domaine, certaines stars du cinéma, de la télé, du spectacle, de la presse, certaines assistantes d’hommes politiques, dénoncent les comportements intolérables de petits chefs, qui, parce qu’ils sont plus puissants, plus riches, plus célèbres s’arrogent le droit de disposer du corps de celles qui leur plaisent et à qui, ils octroieront ou pas, une parcelle de célébrité. Tout cela est lamentable et tant mieux si l’on en parle, à condition que ce grand déballage débouche sur autre chose qu’une dénonciation de faits sans qu’un sursaut de la société se produise pour y mettre le holà.

Une info, peu diffusée, hélas, me parait tout aussi scandaleuse et je souhaiterai qu’une large opinion publique s’en empare pour dénoncer son ignominie. A Pontoise, en France, il y a quelques mois, en avril, un homme de 28 ans, marié et père de famille a violé une petite fille de onze ans. Une mineure donc et le tribunal n’a pas reconnu le viol, alors qu’il y a eu relation sexuelle, mais a qualifié cette agression monstrueuse « d’atteinte sexuelle » expliquant que la fillette tétanisée lors des faits, ce qui est on ne peut plus normal, était consentante ; oui, je répète, consentante, une enfant de 11 ans !!! Je ne sais pas si les membres masculins de ce tribunal considéreraient la victime comme telle s’il s’agissait de leur propre fille, de leur nièce, de leur petite sœur. La famille de la fillette conteste évidemment la décision du parquet de Pontoise et des associations contre le viol ont fait part de leur indignation. Il y aura un nouveau procès en février prochain. J’ose espérer qu’alors un jugement décent sera prononcé et que le violeur, puisque violeur il y a sera bel et bien jugé pour ce crime. J’ai envie de dire « il y a quelque chose de pourri au royaume de France.. » copiant la phrase de Shakespeare prononcée par Hamlet.

Depuis l’arrivée de Macron président, nous n’avons même pas une ministre des droits des femmes mais une secrétaire d’État, ce qui montre l’importance attachée par ce gouvernement aux problèmes féminins, violences, discrimination, sexisme… Battons-nous contre le harcèlement sous toutes ses formes et les harceleurs qui jouissent de l’impunité mais dénonçons aussi fortement ces bavures invraisemblables commises par ceux qui jugent et nous jugent. Une enfant de 11 ans ne peut être la partenaire sexuelle consentante d’un homme adulte.

J’ai mal en pensant que des citoyens, des hommes de loi ont pu, sans état d’âme, sans remise en cause de leur éthique, prononcer un jugement aussi scandaleux.

Marylène Berne