Sécurité et prévention : des résultats, pas des mots

15 janvier 2007

Le projet de loi relatif à la prévention de la délinquance est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale.
On pourrait s’en réjouir : après 5 ans d’échec total de l’action du gouvernement en matière de sécurité (+27% d’atteintes aux personnes depuis 2002, émeutes de novembre 2005, aggravation de la ghettoïsation de certains quartiers populaires), parler à nouveau de prévention est plutôt une bonne idée et cela apparaît même comme une autocritique de la part du gouvernement.
Car le tout répressif n’a pas fonctionné, loin de là, puisque la suppression de la police de proximité, celle des subventions aux associations, la fermeture de nombreux services publics ont largement contribué à accroître la violence.
Mais ce projet de loi est loin de répondre à la hauteur des enjeux. Il porte atteinte à la fonction des élus, aux libertés publiques et encourage le désengagement de l’État. Comme le dit le Président de l’association des maires de France, M. Pellisard, « les maires n’ont pas vocation à se transformer en shérif », ni à tenir des fichiers confidentiels sur leurs concitoyens, bref, à faire le travail du ministre de l’Intérieur à sa place. Car, évidemment, comme pour les lois récentes de décentralisation, aucun moyen supplémentaire ne leur est alloué pour assumer ces missions.
Sans aucune animosité, cela s’appelle se “défausser” de ses responsabilités. Comme l’écrasante majorité des maires de France, de gauche comme de droite.
C’est aussi le cas des acteurs sociaux (Protection Judiciaire de la Jeunesse, éducateurs) de toutes les professions médicales et de l’ensemble du tissu associatif dans les quartiers.
Le développement de la violence dans notre société exige beaucoup plus qu’un texte bâclé au service d’intérêts électoraux. Cela suppose une politique globale et durable articulant en même temps prévention et fermeté avec des moyens conséquents, financiers et humains : rétablissement de la police de proximité, moyens substantiels pour la justice afin de renforcer la prise en charge des mineurs délinquants, lutte contre le chômage et la précarité, mixité sociale, accès aux services publics, priorité à l’éducation.

Lebihan Jean-Marc,
Saint-André


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Témoignages - 82e année


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