APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
14 octobre 2003

« Il était une fois, très loin d’ici un grand vizir, qui se prenait pour un génie de la communication et qui, après avoir inventé "le peuple d’en bas", décida qu’il fallait tout faire pour qu’il y restât. Comme un montreur de cirque, il décida de lui imposer la "valse des réformettes" afin de l’étourdir et de l’essouffler, croyant ainsi pouvoir impunément accumuler les mauvais coups, pour être agréable à un sien ami, baron de son état, qui se prenait pour le calife. La dernière en date que ce gros matou essaya de faire passer en catimini ? L’État refuserait désormais ses écus pour aider les chariots du peuple ! Holà rétorquèrent quelques manants moins obséquieux : moins de chariots, plus de carrosses et donc plus de saletés ? Mais non, rigola la ministre des Poubelles et de la Chasse, les crédits seront utilisés à la recherche sur les carrosses propres ».
Moralité : "MEDEF la di, Raffarin la fé !"
C’est très mauvais comme conte ? Dommage, parce que c’est notre réalité désormais ! Voici la version pour adultes : l’État supprime ses aides financières au développement des transports en commun. Qu’est-ce que cela veut dire ? Moins de transport en commun, plus de voitures et donc plus de pollution ? « Mais non », répond Roselyne Bachelot, ministre de l’Environnement, « les crédits seront utilisés à la recherche sur les voitures propres ».
Arrêtez de nous prendre pour des idiots, tout le monde sait qu’une voiture a forcément besoin d’énergie. Même plus propres, elles seront toujours génératrices de pollution, tant qu’elles consomment des produits pétroliers fossiles et produisent du gaz carbonique qui s’accumule et menace notre climat. Et quand bien même, cela signifie qu’il y aura de plus en plus de voitures. Or, n’est-ce pas un problème majeur à La Réunion ? Qu’elles soient propres ou non, il y a trop de voitures sur notre petite île ! Où va-t-on les faire rouler ?
Cette mesure va donc à l’encontre de toute notion de développement durable. En plus, à court terme, nous, usagers du secteur public ou non, nous allons tous en payer les frais. Car si l’État ne paie plus, la charge va retomber sur les collectivités qui organisent les transports en commun et doivent gérer les déplacements. Leurs budgets actuels ne vont pas non plus pouvoir pallier le manque de crédits.
Alors… de deux choses l’une, soit elles décident d’augmenter les impôts locaux (encore ?! Aïe, aïe, aïe, c’est mauvais en période pré-électorale !), soit elles augmentent fortement les tarifs. Et dans ce cas de figure, qui paie ? Toujours les mêmes !
Et que deviendront tous ceux qui pour une raison ou une autre n’ont pas accès à une voiture particulière ?
À Saint Denis, par exemple, le réseau des transports en commun est relativement bien fait. Bien sûr on pourrait toujours faire mieux en la matière, au niveau des horaires. Ou aménager les trottoirs et des pistes cyclables…
Nous sommes inquiets. Faut-il rappeler que les transports en commun sont des services publics, des services au public ? S’achemine t-on vers une société où le mot "service" n’aura plus de sens car il sera remplacé par celui de "consommation" ? Pour répondre à ces inquiétudes et pour que cette mesure (de plus) ne passe pas (encore) inaperçue, nous, citoyens, nous exerçons notre droit d’interroger nos dirigeants locaux et pourquoi pas les partis politiques qui partent actuellement en campagne.
Alors Mesdames et Messieurs les élus et candidats, qu’en pensez-vous ?
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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