Tous les observateurs savent parfaitement ce qui se passe au Mexique depuis l’élection du 2 juillet dernier qui a vu la victoire - confisquée par le pouvoir en place - de Andrés Manuel López Obrador. Mais d’un commun accord, ils ont fait littéralement l’impasse sur un événement qui peut avoir des conséquences incalculables dans cette région du monde et dont la portée évidemment est loin de leur échapper. Car la partie qui se joue entre le peuple mexicain, l’un des plus pauvres d’Amérique du Sud et tout naturellement désireux de changement, et une poignée de dirigeants sans scrupules, accrochés à leurs privilèges, est décisive, non seulement pour l’avenir du pays, mais pour le reste du monde. Il s’agit de savoir si les États-Unis, par le truchement du gouvernement Bush, continueront indéfiniment leur politique de domination à l’échelle planétaire.
Depuis quelques semaines, un immense mouvement de protestation soulève le Mexique pour dénoncer la fraude électorale et exiger un nouveau comptage des bulletins de vote. Les premiers contrôles partiels qui ont été arrachés, portant seulement sur 9% des bureaux, font apparaître un nombre si impressionnant de bulletins manquants ou excédentaires que le Tribunal électoral a préféré ne pas les confirmer. Mais de tout cela, pas un mot ou presque dans les médias ! Comme pas un mot ou presque sur ce vaste rassemblement qui se tient en permanence sur la principale place de Mexico, le Zocalo, autour du vrai vainqueur. Comme si la consigne avait été donnée de plus haut de cacher l’information. Alors qu’aucun détail n’a manqué, frisant parfois l’indécence, sur la maladie de Fidel Castro. Et il nous a fallu attendre plusieurs jours que la presse française sorte enfin de son silence, avec entre autres l’article de l’envoyée spéciale du “Figaro” daté du 21 août et celui du “Monde” du 24 août, pour prendre en partie connaissance de ce qui se passe réellement au Mexique, à quelques jours de la proclamation définitive des résultats.
Georges Benne
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