Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
4 janvier 2008

Si la gauche a perdu, avait expliqué Dominique Strauss Khan le soir même du second tour de la Présidentielle, c’est parce qu’elle s’est éloignée du réel, de la realpolitik voulait-il dire, mise en place pour servir au mieux les intérêts de la grande bourgeoisie d’affaires, et parce qu’elle n’avait pas encore, selon lui, parfaitement intégré l’économie de marché.
Pour le Parti socialiste, dirigé présentement par François Hollande, c’est désormais chose faite, et à titre officiel depuis le dernier forum du Parti socialiste portant sur la rénovation : « Il faut reconnaître une bonne fois pour toutes l’économie de marché et ne plus y revenir », proclame d’emblée le premier secrétaire dans son discours de clôture. Il admet aujourd’hui comme une évidence que « les socialistes ont toujours agi en économie de marché et ils l’ont plutôt bien gérée chaque fois qu’ils ont eu la responsabilité du pouvoir », - les privatisations ont été plus nombreuses du temps de Jospin que sous Balladur et Juppé réunis - qu’« ils ont même fait en sorte d’élargir le champ du marché (...) notamment sous le premier septennat de François Mitterrand ». Et d’affirmer avec la même certitude qu’un chef d’entreprise : « l’économie de marché est (...) sans doute la forme la plus efficace pour produire de la richesse ». Sans préciser toutefois de quelle manière elle se répartit, cette richesse !
La distinction subtile, sur laquelle il revient, entre le capitalisme et l’économie de marché, dont elle est naturellement le pendant, ne tient pas à l’analyse. A l’instar de Nicolas Sarkozy qui prétend « moraliser le capitalisme », François Hollande propose de régulariser le marché. Tous les deux se trompent, ou nous trompent, quand ils affichent leur intention de prendre d’abord en charge les intérêts du plus grand nombre de leurs compatriotes.
Chaque jour qui passe démontre à l’infini l’antagonisme flagrant qui existe entre le Tout marché et la République. On ne le dira jamais assez : si le monde connaît un tel déséquilibre, qui crève les yeux entre le Nord et le Sud comme à l’intérieur de chaque pays, s’il atteint aujourd’hui cet insupportable degré d’injustice et d’inégalité, c’est parce que la République est en tout temps et en tout lieu confisquée au seul profit de la mondialisation capitaliste. Aussi, qu’il est curieux d’entendre dire par la bouche même du premier secrétaire du PS, que la raison d’être du socialisme, c’est la gestion efficace du capitalisme sous sa forme attractive d’économie de marché. Et comme elle sonne faux, plus de trente-six ans après, la fameuse déclaration solennelle de François Mitterrand à la tribune du congrès unificateur d’Epinay : « Celui qui n’accepte pas la rupture (...) avec l’ordre établi, (...) avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste ! »
Georges Benne
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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