APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
12 septembre 2003

Au cours des mois de juin, juillet et août 2003, nous avons entendu les intermittents du spectacle solliciter le soutien de leurs publics et des concitoyens que nous sommes. Manifestons tous notre soutien !
La lutte que mènent les intermittents contre la modification - assimilable à un démantèlement - de leur régime spécifique d’assurance chômage prend, depuis le début du mois de juin des formes diverses. (…) Le rejet du texte agréé par le gouvernement est quasi-unanime dans la profession. Du côté des salariés, bien sûr, mais aussi du côté des directeurs de festivals, de compagnies ou de théâtres qui constituent les employeurs des intermittents et dont la plupart s’est déclarée "solidaire" du mouvement. Plus largement, nous ressentons aussi un soutien populaire à leur cause que plusieurs sondages d’opinion ont confirmé.
Tout le monde a entendu que 30% des professionnels, parmi ceux qui ont déjà les situations les plus précaires, ne pourront plus demain vivre de leurs métiers. Comment imaginer que plusieurs dizaines de milliers de personnes se retrouveraient demain sans aucune protection sociale alors qu’ils exercent parfois des professions où il n’existe presque pas d’emplois permanents ? Il est légitime que les professionnels du spectacle soient protégés par un régime spécifique, compte tenu du caractère très souvent temporaire et intermittent de leur travail. (…) Nous avons rapidement compris que derrière la dimension sociale de cette crise, il existe aussi une dimension culturelle qui n’est pas moins importante. (…)
Le régime de protection sociale des intermittents du spectacle est un des moyens permettant de rendre effective l’exception culturelle. La disparition de ce régime serait un exemple d’une mondialisation qui s’effectue au contraire de ce que nous voulons, c’est à dire au détriment des peuples en normalisant les situations par le bas.
Le combat des intermittents touche donc à des questions de société que sont la solidarité, la justice sociale, le droit à la culture, la démocratie. C’est pourquoi, nous le soutenons. Nous comprenons que si des actions des intermittents nous privent momentanément de spectacles que nous attendions, elles sont aussi menées dans l’intérêt de tous. Les pouvoirs publics doivent garantir un régime protecteur pour l’ensemble des professionnels du spectacle.
En cette rentrée, le gouvernement refuse toujours d’entendre les intermittents. La situation doit rapidement trouver une issue positive, la raison doit l’emporter et le gouvernement doit accepter de faire ré ouvrir les négociations avec les professionnels du spectacle.
C’est pourquoi, la section de la Ligue des Droits de l’Homme de La Réunion apporte son entier soutien à la grande réunion prévue le 15 septembre prochain au Théâtre du Grand Marché à 18 heures avec pour ordre du jour la constitution de l’association "Collectif des intermittents de l’île de La Réunion".
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