Di sak na pou di

Surmonter la peur

Radjah Veloupoulé / 20 avril 2020

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L’être humain oscille continuellement, comme un pendule dirait Schopenhauer, entre l’ignorance et la connaissance, la souffrance et l’ennui, la peur et l’amour. Le virus qui nous accable en ce moment, est avant tout produit de notre ignorance, et tous ses méfaits proviennent de ce que nous ne savions pas ses conséquences. De là, les hésitations, les atermoiements, les erreurs, et avec le recul, il est facile d’intenter des procès d’intention.

Le temps de confinement devait prendre fin, car la vie ne supporte ni le vide, ni la stagnation. A partir de ce moment, certains disent que c’est trop tôt, précipité, insecure. Pourtant, notre connaissance du phénomène s’est agrandie, nous avons pu mesurer toute l’efficacité du confinement, mais le confinement ne peut s’éterniser. Toutes les précautions, les gestes barrières, ont été testés, et chacun peut mesurer leur efficacité. A partir du 11 mai 2020, nous entrons dans une nouvelle phase, et la responsabilité individuelle doit aider, suppléer et renforcer le courage collectif.

Il est facile de critiquer le mouvement quand on se repaît de l’immobilisme. Nos enfants sont ceux qui souffrent le plus du confinement car la vie en eux a besoin de s’extérioriser, de partager, d’échanger. Les personnes âgées ont beaucoup souffert de solitude, et les multiples attentions dont ils ont besoin vont pouvoir se remettre en place. La vie économique, sociale, juridique, politique, ne saurait rester en l’état, les pertes sont immenses. Ainsi, la vie reprend ses droits, et si l’intériorité a primé pendant ces quelques semaines, nous gagnerions à cultiver cet espace de soi à soi primordial, pour ne pas se diluer de nouveau à l’extérieur, dans les multiples besoins de la consommation outrancière.

Beaucoup de personnes ont reconnu les bienfaits de cette période (se mettre à cuisiner, jardinage, activités avec les enfants, sport, développement personnel, investissement dans des associations, bénévolat, écriture, musique, disponibilité avec la nature, etc.), cultivons cette appropriation de l’espace intérieur, et comprenons que vivre, cela peut être l’alliance de soi avec le monde, et pas forcément l’appropriation du monde par un moi dévorant, peur fondamentale de ne pas satisfaire des désirs le plus souvent factices et illusoires.

Radjah Veloupoulé