Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
4 juin 2008

Vingt tonnes d’eau pour un kilo de viande de bœuf. C’est la consommation normale d’un bovin durant sa vie avant d’être livré au boucher. Quatre mille litres d’eau potable dans mon assiette. Je rajoute le mètre cube d’or bleu pour les deux poignées de frittes qui accompagnent mon steak sauce Roquefort. En trente minutes à peine, à l’heure du déjeuner, je consomme de quoi assouvir en eau un village entier qui meurt de soif dans un des nombreux pays où la pénurie de tout est reine. Une personne meurt de faim toutes les cinq secondes dans le monde. Quand je dis je t’aime, je mens. Parce qu’avant tout, je pense à moi. Tu vois bien qu’on ne s’aime pas. On s’aime plus, t’es plus ma copine. Adulée, canonisée de ton vivant, à la Une de tous les journaux du monde. Sous le prétexte d’une broutille, d’un petit coup de chaud. Comme tu dis, c’est le réchauffement.
Je ne voudrais pas crever avant de dire ce que je pense. Tes colères sont injustifiées, tu tapes, tu sanctionnes sévèrement celui qui ne t’a rien fait et n’a plus l’énergie pour appeler à l’aide pour sa survie. Le spectacle est affligeant, pas une semaine ne s’écoule sans catastrophe, huit cents soixante millions d’affamés succombent à tes coups boutoir, tes déluges et ouragans. Terre, c’est sur toi que je marche, que je vis. Pourquoi t’acharner sur les plus faibles ? C’est là-haut qu’il faut bombarder. Viser le haut du pavé. Les hommes de pouvoir dans leurs belles demeures. J’ai les noms et les adresses, la Maison Blanche, le Kremlin, l’Élysée et les autres. Trois mois, le budget d’une trêve de trois mois de la guerre en Irak est suffisant pour donner assez de nourriture au reste de la planète qui agonise dans la misère humaine, les laissés pour compte. Le plaisir des riches plombe l’existence des pauvres à la naissance.
Le marché monétaire, la banque mondiale, spéculation, profit. Épidémies, famine, souffrances, inflation, crise mondiale. Le crime est presque parfait.
Gilles de la Ravine Blanche
Courrier des lecteurs
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