Tout ce qui est interdit est permis. Ce n’est pas une règle générale, heureusement !

3 février 2009

L’agenda 2009 nous apprend ceci : « Vers le milieu du XIXe siècle, des mouvements réclamant l’interdiction de la vente d’alcool font leur apparition aux Etats-Unis. Ainsi naissent le Parti de la prohibition (fondé en 1869) et la Ligue anti-saloons (fondée en 1893). Le 16 janvier 1919, le congrès des Etats-Unis ratifie le 18ème amendement à la Constitution américaine, qui prohibe dorénavant la fabrication, la vente ou le transport de boissons alcoolisées sur le territoire national. En octobre, le National Prohibition Act ou Volstead Act est voté et la loi entre en vigueur dès le mois de janvier 1920.
Dans un premier temps, la consommation diminue fortement, mais, rapidement, l’alcool de contrebande fait son apparition de même que de nombreux bars clandestins ou speakeasies, gérés par le crime organisé. Ainsi, à la fin des années 1920, le gangster Al Capone contrôle 10.000 de ces bars rien qu’à Chicago. De plus, la criminalité liée à la contrebande explose malgré les célèbres incorruptibles dirigés par Eliot Ness.
En 1928, le massacre de la Saint-Valentin est ressenti comme un électrochoc par la classe politique. Le gouvernement réalise alors que la prohibition a engendré de plus grands maux que ceux causés par l’alcool auparavant. En mars 1933, le président Franklin Roosevelt signe une loi autorisant la fabrication et la vente de boissons ayant moins de 4° d’alcool. Le 5 décembre 1933, le 21ème amendement, qui abroge la Prohibition, est ratifié et met ainsi fin à ce que l’on a appelé une noble expérience ».

Le président Franklin Roosevelt a-t-il eu raison d’accorder l’autorisation de fabriquer et de vendre des boissons alcoolisées ?
Sans doute, oui... si on considère que c’était pour stopper les tueries qui avaient cours et parce que de gros intérêts étaient aussi en jeu.
Cent quarante ans après, la société n’a guère évolué. Le président de la Région Réunion demande de taxer l’alcool qui tue, chaque jour, que ce soit sur nos routes ou dans nos foyers. Les fabricants de ces engins de mort liquides crient au scandale... en mettant en avant la diminution des revenus des... planteurs de cannes à sucre !
L’assemblée régionale vote et la taxe passe de 23 à 13%.
Dès lors, la mort peut poursuivre son œuvre, chaque jour, sur nos routes et dans nos foyers. Et les victimes sont des pauvres, de préférence. Quant aux lobbies, ils peuvent continuer à se gonfler, en se remplissant les poches. Et les planteurs ne seront pas moins pauvres ou plus pauvres pour autant.
Ah ! Combien Coluche avait raison quand il disait : « Les riches ont la nourriture et les pauvres l’appétit » !

Marc Kichenapanaïdou


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Témoignages - 82e année


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