Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
17 juillet 2008

Tel est le slogan qui a largement contribué à faire élire M. Sarkozy. A l’usage ont peut constater que Sarkozy et son âme damnée, l’ineffable M. Bertrand (aussi franc qu’un âne qui recule) ont effectivement réalisé ce qu’ils ont promis.
Simplement on avait omis de nous préciser que ce ne sont pas les mêmes qui travaillent plus tout en gagnant plus ! En effet, les salariés et les cadres vont travailler plus, mais ce sont les entreprises qui vont gagner plus.
Si la durée de travail officielle reste fixée à 35 heures (mais pour combien de temps encore ?) les salariés "pourront" travailler jusqu’à 48 heures par semaines. Quand aux cadres, soumis au régime du forfait, ils "pourront" désormais travailler travailler 235 jours au lieu de 218 ! Soit juste 17 jours de plus. La CFE-CGC (syndicat peu suspect de gauchisme au demeurant) voit dans ces 235 jours un "retour au siècle dernier". La centrale des cadres, qui entend déposer un recours devant la Cour européennes des droits de l’Homme, estime que « cette limite correspond, en fait, à une année pleine (365 jours) de laquelle on retire les jours de congés (25), les samedis (52), les dimanches (52) et le 1er mai ».
Ainsi que l’a dit une député (Verts) « La suppression des jours fériés chômés payés, le Medef l’avait rêvée, vous êtes en train de la réaliser. Si l’accord d’entreprise ne le prévoit pas, ils ne seront plus payés », a dénoncé elle aussi Martine Billard (Verts).
Bien entendu tout cela devra faire l’objet de "négociations" au niveau de l’entreprise (tout le monde sait que dans les entreprises aujourd’hui les partenaires sociaux sont sur un pied d’égalité !) et au niveau de la branche. Avec, cerise sur le gâteau des entreprises et nouveauté juridique, la possibilité de faire passer les accords au niveau de la branche avant ceux établis au niveau de l’entreprise ! Autrement dit, si les syndicats arrivent, à grand peine, à négocier un accord potable au niveau de l’entreprise, mais qu’au niveau de la branche existe un accord moins favorable, les syndicats, et surtout ceux qu’ils représentent, l’auront profondément dans le baba.
Le bon M. Bertrand, dont son patron a dit un jour : « Qu’il soit maçon ne m’étonne pas, mais qu’il soit franc, ça m’en bouche un coin » et la majorité aux ordres appellent cela « assouplissement du régime des 35 heures » J’appellerai plutôt cela enterrement. Sans fleurs ni couronnes.
Quand au pouvoir d’achat l’affaire a été réglée par Sarkozy en deux coups de cuillère à pot ; dans un premier temps je défiscalise les heures supplémentaires (Ah !) Dans un deuxième temps je supprime les heures supplémentaires (Oh !)
Vous aurez noté que tout ceci aura été empaqueté et ficelé au mois de juillet, pendant que les salariés et les cadres, qui le peuvent encore, sont en vacances. On reconnaît bien là toute l’élégance de la démocratie représentative à la Sarkozy.
Lequel applique tous les jours un peu plus l’aphorisme de Brecht, en le modifiant quelque peu "Si les dirigeants voient juste et que le peuple se trompe, il faut changer le peuple"
Cordialement
Guy Déridet
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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