Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
13 février 2014

L’autre jour à sa conférence de presse du 14 janvier, le président de la République a fait rire une partie de son auditoire par sa réponse au journaliste qui lui demandait de dire s’il était bien social-démocrate. « Qui suis-je ? Un social-démocrate ? Oui... », a-t-il admis publiquement comme si c’était une révélation. Il en a profité pour donner au mot sa propre interprétation, en justifiant la politique qu’il mène à la tête de son gouvernement depuis bientôt deux ans et en éclairant les grandes lignes de son nouveau projet, appelé « pacte de responsabilité, » destiné selon lui à « inverser la courbe du chômage ». Et il a terminé par une pointe : « Ceux qui n’ont pas compris que j’étais social-démocrate peuvent encore poser une question. »
Social-démocrate ? François Hollande l’a toujours été. Même si au Congrès d’Épinay, en juin 1971, ses oreilles ont dû siffler en entendant François Mitterrand marteler du haut de la tribune : « Celui qui n’accepte pas la rupture (…) avec l’ordre établi, (…) avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste ! », il a tout de suite réalisé que cet appel serait resté sans suite. Et les faits continuent à lui donner raison. Si bien que trente six ans plus tard, au Forum de la Rénovation, à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, dans son discours de clôture en tant que secrétaire général du Parti socialiste, il pourra tranquillement proclamer « qu’il faut reconnaître une bonne fois pour toutes l’économie de marché et ne plus y revenir dans notre congrès. » rappelant au passage que « les socialistes ont toujours agi en économie de marché et ils l’ont bien gérée chaque fois qu’ils ont eu la responsabilité du pouvoir. »
Tellement bien gérée que les Français ont remercié Lionel Jospin à l’occasion de l’élection présidentielle de 2002. Sur cette lancée, François Hollande pourra même affirmer : « L’économie de marché est là, nous la reconnaissons et nous savons qu’elle est sans doute la forme la plus efficace pour produire la richesse. » Tellement efficace que la richesse s’en est allée, comme d’habitude, à ceux qui en ont déjà trop, et qu’elle s’est détournée de tous les autres, de la grande masse de ceux qui forment la majorité ; tellement efficace, que l’économie de marché a engendré la terrible crise qui s’abat sur la France et qui n’épargne aucun pays, surtout pas ceux qui se réclament justement de la social-démocratie.
Pour le sociologue politique Gérard Grunberg, la social-démocratie « renvoie, au modèle d’après guerre, en Allemagne et dans les pays du nord, et repose d’abord sur la reconnaissance claire de l’économie de marché. (....) Elle substitue à la lutte des classes, ce qu’on appelle un compromis entre les forces du travail et les forces du capital pour redistribuer les profits. Concrètement, c’est la négociation entre partenaires sociaux qui décide des augmentations de salaires ou des versements de dividendes aux actionnaires. » Au fond rien n’a changé depuis plus d’un demi siècle, et rien ne chargera en France si le président de la République persiste dans la même voie, qualifiée de « troisième voie », si chère à l’ancien Premier ministre anglais Tony Blair, dans laquelle se sont engouffrés les puissants de ce monde, porteurs de ce système bien rodé qui fonctionne sous le nom de mondialisation. La question qui se pose, à l’échelle de toute la planète, est celle-ci : comment faire pour en sortir ? Jusqu’à quand notre président restera-t-il lié à « l’ordre établi », à la « société capitaliste », que François Mitterrand dénonçait l’espace d’un congrès ? Quand cessera-t-il d’entretenir cette ambiguïté dans son rapport avec le monde de l’argent pour venir, s’il n’est jamais venu, à ce qui fait l’essence même du socialisme, et que seule la République, incompatible avec le Tout marché, pourra enfin incarner ?
Georges Benne
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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Messages
13 février 2014, 16:59, par titienne
"L’ambiguité" ,globalement les positionnement à gauche interpellent ceux qui n’y sont pas dans le secret des combines( surprenant parfois).
On peut accepter que l’interet superieur de la Réunion menent à des ou(re) positionnement désintéréssés évidemment, mais préparer la régression politique cela est inaceptable ! c’est ne pas voir celles et ceux qui sont frappées de plein fouet par le système capitaliste ,un sursaut à gauche où réveil est impérativement nécessaire.
Les tiraillements à gauche occulte le ,les véritables adversaires du peuple à moin ke néna anguille sous ross !