Application de l’APE : vers plus de chômeurs que de salariés à La Réunion
8 août, parUne catastrophe se prépare dans l’indifférence
20 décembre 2014, par

Décidément, certains politiciens n’hésitent pas à instrumentaliser les commémorations pour leur image personnelle et leur propagande.
Après "la fête des Letchis" du temps d’Auguste Legros, puis "La liberté métisse" de Didier Robert, voilà "Lo Por libéré". Mais libéré de quoi donc ?
Le 20 décembre 1848 marque la fin à La Réunion de l’esclavage, reconnu comme “crime contre l’humanité” par la loi de mai 2001, initiée par Christiane Taubira. Ce n’est pas rien et si nous fêtons cette date aujourd’hui, c’est toujours avec la conscience des souffrances infligées à la majorité de la population vivant et travaillant ici pendant quelque 160 ans. Respect donc !
Cette date est un grand moment dans l’Histoire de La Réunion, même si les historiens ont analysé toutes les limites, économiques, sociales, politiques qui ont restreint cette "libération". On connaît bien "O Sarda, toué la roul anou/ Ton zoli kozman trinn anou/Dan la bou" (Axel Gauvin, romans po détak la lang, démay lo kèr).
Avec tout cela en tête, il y a de quoi s’interroger sur le véritable sens de ce slogan “lo por libéré”. S’il y a eu libération, c’est de toute l’île, à un moment d’ailleurs où la ville du Port n’existait pas. Pourquoi alors décliner la fête de la liberté dans les limites d’une ville ?
Mais bien sûr ! Il y a eu des élections municipales en mars. Et le nouveau maire n’a-t-il pas été présenté comme “le libérateur” par des médias, reprenant ainsi à leur compte les élément de langage de la campagne électorale ? Dans le même registre, on a parlé de "forteresse communiste".
Le 20 décembre est donc l’occasion de prétendre se hausser sur le piédestal de l’histoire et de se parer des couleurs de la liberté. Sans vergogne.
Car enfin, n’est-ce pas indécent de rabaisser la symbolique de l’Abolition de l’esclavage au niveau d’une élection municipale ? Quelle manipulation perverse ! Quelle insulte pour les ancêtres des Réunionnaises et des Réunionnais, pour les authentiques combattants de la liberté et pour les descendants et descendantes d’esclaves ! Toué la roul anou po vréman !
Brigitte Croisier
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
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