Di sak na pou di

Une chose et son contraire

Marylène Berne / 28 novembre 2016

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Les misses, candidates à la couronne de miss France débarquent dans l’ile avec leurs robes identiques et leurs petites valises à roulettes, le jour où commencent les Etats Généraux contre les violences faites aux femmes. Drôle de coïncidence… Maillots de bain et paillettes d’un côté, coups et insultes de l’autre. Les misses aux silhouettes calibrées défilent en pleine lumière pour se faire choisir sur un critère physique, les victimes de violence veulent quitter l’ombre de leur quotidien brutal pour vivre en toute sérénité leur vie de femme. Les deux évènements se déroulent côte à côte, ce qui semble paradoxal.

Madame Jacqueline Sauvage restera en prison, la grâce présidentielle ne lui permet même pas d’être libérée, le grand mouvement de soutien de milliers de signataires n’a pas touché ceux qui lui refusent le droit de se reconstruire auprès de sa famille. C’est un mail qui m’apprenait cette nouvelle décision de “justice”.

La semaine dernière, la presse faisait état d’une tribune pro-Hollande signée par des personnalités diverses qui dénoncent les attaques virulentes et systématiques contre le président actuel. Ces peoples, C. Deneuve, J. Binoche, B. Biolay, Agnès B… etc sont navrés par un dénigrement permanent qui met à mal la fonction présidentielle… Bien sûr, ce ne sont pas eux qui seront bénéficiaires de la prochaine réouverture des Restos du Cœur qui lancent leur 32e campagne d’hiver pour nourrir des centaines de milliers de personnes. Ce ne sont pas eux qui ont vu leur pouvoir d’achat stagner depuis 2012, ce ne sont pas eux qui risquent d’être licenciés sans espoir de retrouver un emploi, avec une « loi travail » réactionnaire, ce ne sont pas eux qui souffrent du chômage et du mal logement. Ils ont beau jeu de défendre un président plus prompt à se répandre en confidences déplacées qu’à respecter ses promesses de campagne.

En écoutant France-Inter mercredi matin, j’apprends que deux citoyens qui ont aidé des migrants à trouver un logement décent étaient appelés à comparaitre devant un tribunal, considérés comme de vulgaires malfaiteurs alors qu’ils accomplissaient leur devoir de citoyens solidaires. C’est un comble quand on sait que notre gouvernement est loin d’avoir un plan humain, efficace qui réponde à l’afflux quotidien de milliers de migrants. Enfin, ce dimanche 27 novembre, les militants de base du PCF ont affirmé leur soutien à la candidature de Jean-Luc Mélanchon pour 2017, ce qui est un atout pour tous ceux qui croient en une gauche sociale et non pas dans cette pseudo-gauche libérale si chère aux commentateurs. Pour eux la gauche est représentée par Valls, Hollande, Cambadélis et les autres…

Il y a violences et violences, gauche et gauche, bon président et bon président… A nous de décrypter et de rester sur nos fondamentaux basés sur notre expérience et nos convictions.

Marylène Berne