Une haute autorité ou un Conseil de la société civile pour les OGM ?

24 septembre 2007

L’absence de réel débat sur les OGM, l’information tronquée, l’absence d’études sur la santé, le refus d’ouvrir une controverse scientifique sur ce sujet sont autant de justifications à la demande des associations de consommateurs et d’usagers d’organiser un vrai débat public avant le vote d’une loi. Pour autant, la haute autorité est-elle la réponse appropriée ? D’une part, faut-il dédier à la seule question des OGM un tel organisme ? Ne serait-il pas davantage intéressant de disposer d’une haute autorité, composée de manière équitable et contradictoire, chargée de se prononcer sur les grands choix technologiques qui ne se limitent pas aux OGM. On peut penser en particulier aux nanotechnologies dont l’impact sur notre société sera bien plus considérable que les OGM. En second lieu, cette haute autorité sera-t-elle chargée, dans l’esprit du ministre, de donner un avis scientifique ou de jouer un rôle de sage ? En réalité, nous avons besoin à la fois de l’un et de l’autre. C’est la raison pour laquelle la construction de cet ordre impliquerait à notre sens un organisme, qui pourrait être un Conseil économique et social rénové sous la forme d’un Conseil de la Société Civile. Dans le même temps, cet organisme disposerait d’un Conseil scientifique indépendant, chargé précisément de l’étude scientifique. Par scientifique, il faut entendre bien évidemment l’aspect pluridisciplinaire du sujet. L’aspect scientifique n’épuisant évidemment pas le sujet lui-même, le rôle de cet organisme serait de se placer d’un point de vue sociétal ; le périmètre de la réalité du risque sanitaire et environnemental ayant été clairement déterminé par le Conseil scientifique. Un Conseil de la Société Civile, pour que chaque citoyen réunionnais, chaque Français redevienne le véritable acteur de son développement, détermine les priorités territoriales et environnementales qu’il veut véritablement pour son pays, en symbiose avec son environnement planétaire. Ceux qui nous gouvernent savent que la grande révolution du 21ème siècle est en marche, menée par les consommateurs, les usagers, les administrés et les contribuables de tous pays (popo, Enrico !) ; Nous ne rêvons plus du grand soir depuis longtemps déjà ; en revanche, nous savons pertinemment que de grandes et belles journées et années d’implication citoyenne se profilent à l’horizon, actions pacifiques ou révolutionnaires ? Cela dépendra incontestablement de l’écoute qui sera accordée à nos revendications, pour La Réunion et la France d’aujourd’hui, et de demain...

Le Président de l’ORGECO,
Noor-Olivier Bassand


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