Di sak na pou di

Une morbidité humaine planétaire (à définir) fait-elle le lit du coronavirus ?

« Quelque chose s’épuise » dirait Hans Selye, le père du stress

Frédéric Paulus / 23 mai 2020

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Comment expliquer que certains contractent le virus sans manifester le moindre trouble quand d’autres succombent à la suite de souffrances irradiant à l’ensemble du corps ?
Dans ces deux configurations aurons-nous suffisamment de données - fiables, pas uniquement statistiques - pour en tirer des enseignements ? Anticipant, l’hypothèse pessimiste qui nous vient spontanément à l’esprit se déduit de l’étude des victimes : ils souffriraient d’un état de morbidité à l’échelle de la planète. Dans ce cas, il nous faudrait urgemment le définir qualitativement ! On peut imaginer que Hans Selye, professeur d’endocrinologie, pourrait dire : « Quelque chose s’épuise, nous lui avons donné un nom sans savoir ce que c’est : l’énergie d’adaptation. »

Est-ce un hasard si des chercheurs, physiciens, mathématiciens, biologistes et philosophes se sont réunis pour additionner leurs savoirs en les décloisonnant autour du thème : L’homme peut-il s’adapter à lui-même, 2012, [1].

Pour ceux qui n’auront pas tenu compte des travaux d’Henri Laborit, c’est dramatiquement navrant ! Il avait une approche de l’adaptation qu’il opposait à la « soumission » à une culture, à un environnement, quand il disait : « Les erreurs commises si fréquemment dans l’emploi du terme « adaptation au milieu » viennent de la confusion entre les niveaux d’organisation. Le cosmonaute qui se promène sur la lune n’est pas adapté au milieu lunaire : il a transporté avec lui son environnement terrestre et continue à y vivre, entièrement séparé dans son scaphandre du milieu lunaire. Si l’on observe un individu considéré bien adapté à son milieu, on l’observe du point de vue de son comportement. Or, bien souvent, les accidents pathologiques qu’il présente sont attribués aux microbes, aux virus, à la “diathèse”. Les désordres biologiques qui peuvent rester longtemps inapparents, n’étant pas recherchés, ne sont pas mis sur le compte de son inadaptation au milieu. Et quand ils sont découverts on leur attribue une autre cause encore, car cet individu s’est bien adapté, « a tout pour être heureux ». Il en est lui-même le plus souvent convaincu et vient chercher chez son médecin la drogue miracle ou l’intervention chirurgicale qui le soulageront », p. 34, [2].
Les virus sans frontières vont-ils nous contraindre à être solidaires sur l’échelle de la planète ?… Fraternels ?

Frédéric Paulus, CEVOI (Centre du Vivant de l’Océan Indien)

[1Jean-François Toussaint, Bernard Swynghedauw et Gilles Bœuf, coord, L’homme peut-il s’adapter à lui-même, Edition Quae, 2012

[2Henri Laborit, « Est-il possible de pratiquer la médecine aujourd’hui », pp. 21 à 39, in Cahier de Bioéthique, n°1, Presses de l’Université de Laval, Québec, 1979.