Université de La Réunion : derrière le déficit, une génération sacrifiée

25 avril, par Noah Ibao

La visite de Philippe Baptiste à La Réunion intervient dans un contexte critique pour l’Université et pour l’ensemble de la jeunesse réunionnaise. Si l’annonce d’un accompagnement de l’État face à un déficit de plus de 6 millions d’euros de l’Université de La Réunion qui constitue un premier signal, elle ne saurait suffire face à l’ampleur des défis structurels.
Derrière les difficultés budgétaires, c’est une réalité étudiante alarmante qui s’impose : précarité croissante, recours massif à l’emploi alimentaire et fragilisation des parcours. À l’échelle nationale, entre 26 % et 32 % des étudiants déclarent des ressources insuffisantes. Cette situation est encore plus marquée dans les territoires ultramarins, où le coût de la vie est plus élevé et les soutiens familiaux souvent limités.
À La Réunion, trop d’étudiants travaillent davantage pour survivre que pour réussir, au détriment de leurs études. Cette pression économique alimente une crise silencieuse : celle de la santé mentale. Avec près d’un jeune sur trois en souffrance psychique, l’urgence est désormais sanitaire autant que sociale.
Face à cette situation, nous appelons le ministre à aller plus loin :
• Revaloriser les dotations par étudiant pour corriger les inégalités territoriales ;
• Mettre en place un fonds d’urgence pérenne pour sécuriser les parcours et éviter les ruptures ;
• Développer massivement le logement étudiant et les aides à la mobilité ;
• Généraliser des dispositifs de soutien psychologique accessibles et rapides ;
• Mieux encadrer le cumul emploi-études pour qu’il ne devienne pas un facteur d’échec ;
• Garantir l’accès à la restauration étudiante, notamment en soirée : de nombreux étudiants, surtout ceux qui travaillent ou vivent loin des campus, restent exclus des repas du Crous. Nous préconisons des horaires élargis, des services de nuit et des solutions décentralisées pour les territoires éloignés.

L’accompagnement annoncé doit se traduire par des mesures concrètes, durables et adaptées aux réalités locales. L’avenir de la jeunesse réunionnaise, ultramarine et française ne peut être conditionné à des équilibres budgétaires fragiles. Il est temps d’investir pleinement dans notre réussite.

Noah Ibao
Jeune étudiant


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