Di sak na pou di

Urgence climatique : il faut agir !

Lettre aux Préfets de Région

Courrier des lecteurs de Témoignages / 10 mars 2020

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A l’attention du préfet de région, chargé de la protection des populations face aux risques du changement climatique.

En tant que parents responsables et inquiets pour la vie de nos enfants, nous soutenons par cette pétition les recours en justice engagés à l’encontre des préfets de régions par d’autres parents, pour manquements à l’obligation d’action contre le réchauffement climatique. En tant que représentants des DREAL, les préfets de région ont pour missions notamment : - D’élaborer et mettre en œuvre des politiques de l’État en matière d’environnement, de développement et d’aménagement durables - De développer et diffuser la connaissance sur le changement climatique et ses effets sur la population.

D’après le GIEC et l’Accord de Paris, si nous voulons nos enfants et petits-enfants survivants aux conséquences d’un réchauffement climatique inférieur à 2 degrés d’ici 2100, nous devons baisser de 50 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 11 ans… Et pourtant… Elles augmentent de 3 % par an ! A ce rythme, nous allons vers des +3 ou +4 °C, c’est-à-dire à la mort de 75 % de l’Humanité dans le siècle ! D’autres dangers mortels menacent nos enfants : perte de la biodiversité, sécheresses agricoles, carences en eaux potables, etc. En tant que parents, nous refusons de jouer à la loterie pour savoir si nos enfants seront parmi les 25 % ! En quoi les mesures prises par les préfets de région garantissent-elles une baisse de 50 % des GES (gaz à effet de serre) d’ici 11 ans ? En quoi les préfets de région alertent-ils les populations de ces risques mortels à venir ? Nous sommes en « guerre contre le climat », c’est le gouvernement qui le dit…

Les préfets de région ne sont pourtant pas soumis aux bas enjeux des mandats politiques électoralistes, alors pourquoi n’agissez-vous pas plus efficacement ? Afin d’assurer un avenir à nos enfants, et devant le constat que les politiques sont trop lentes (- 13 % d’énergies renouvelables en moins dans la part de l’énergie en 2016) nous vous assurons de notre soutien si vous décidez de mettre en place des mesures radicales d’urgence de protection des populations. Nous sommes prêts à accepter les conséquences économiques et la baisse de notre confort d’un État d’urgence climatique. Mais nous sommes des citoyens informés, et nous ne nous faisons plus berner par les mots et les discours : nous savons qu’un plan Marshall environnemental digne de ce nom doit obligatoirement contenir dans son programme :
- Une réduction des productions non essentielles (gadgets hi-tech, plastiques, produits de luxe…), dont la perte en emplois sera compensée par des programmes de reconversion des salariés dans les métiers de la réparation et du recyclage.
- Une reconversion aux énergies renouvelables des industries fonctionnant aux énergies fossiles.
- Une généralisation du fret de marchandises sur voies ferrées et fluviales et des transports en commun pour les personnes (transports individuels : +11 % des GES en 2017 en France).
- Arrêt des subventions à l’agriculture conventionnelle au profit de l’agriculture de conservation ; limitation des élevages industriels (18 % des émissions de GES et gaspillage des eaux potables) et des céréales destinées à ces élevages.
- Limitation des grands projets immobiliers (bâtiment : +23 % des GES en 2017 en France), notamment sur les terres agricoles : l’équivalent d’un terrain de foot de terre agricole disparaît en France toute les 5 minutes ! Protégeons la souveraineté alimentaire de nos enfants ! Et ceci s’applique particulièrement à La Réunion, où l’autonomie alimentaire n’est pas de mise, où la qualité de la viande et des produits laitiers laisse pour le moins à désirer.
Aucun programme de transition qui ne reprenne ces points essentiels ne peut être sérieusement reconnu comme tel. Si la vie de nos enfants continue d’être mise en danger pour maintenir une politique économique idéologique fondée sur la croissance au péril de la vie, sans que les préfets n’interviennent, il est à prévoir que certains d’entre nous, par amour pour leurs enfants, prendront eux-mêmes des mesures de protection, et vous ne pourrez alors leur en tenir rigueur, puisqu’ils auront paré à vos manquements… On appelle cela d’un mot : le survivalisme. Et il n’est pas glorieux. Avec tout le respect que nous gardons pour l’instant pour la noblesse de vos missions ; Rejoignez le combat en signant les pétitions ! Allez sur le site :
https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/changements-climatiques-protegeons-nos-enfants/73190

Des parents inquiets pour la vie de leurs enfants