Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
LE SGEN CFDT dénonce
18 novembre 2008

Après les fichiers EDVIGE (version 1, puis 2) dénoncés unanimement, y compris par la Commission Nationale Informatique et Libertés, pour le collectage de renseignements touchant à la vie privée de toute la population, y compris celle d’adolescents, voici venir le dispositif "veille de l’opinion" qui fait l’objet d’appels d’offres passés par le Ministère de l’Education Nationale et le Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche.
En clair, ces deux ministères vont soumissionner des marchés auprès d’entreprises spécialisées dans la surveillance sur internet pour un montant "juteux" de 220.000 euros/an. Ces entreprises auront, à partir du premier janvier 2009, pour mission de « surveiller » les « sites commentateurs de l’actualité ». Cette surveillance portera sur « les medias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (videos, etc) »
À préciser également, et ce n’est pas anodin, que le marché est soumissionné pour un an renouvelable une fois. Pendant deux ans, donc à partir du premier janvier 2009 toute circulation d’information sur Internet mais aussi dans la presse écrite généraliste et spécialisée sera surveillée.
Ce marché de surveillance a t il fait l’objet d’un avis de la Commission Nationale Informatique et Libertés ?
En tout état de cause le SGEN CFDT estime qu’il s’agit là d’une atteinte à la liberté d’expression, à la liberté d’opinion, non seulement des syndicats, partis politiques et associations, mais également des citoyens dans leur ensemble puisque les « blogs et pages personnelles » seront également surveillés.
Pour quel objectif ? « Un suivi précis de l’évolution de l’opinion internaute » est il déclaré, mais pour quelle utilisation ultérieure et à quelles fins ? Cette décision gouvernementale est grave. Elle mérite un débat public. C’est pourquoi le SGEN CFDT écrira aux parlementaires pour leur demander de porter cette question à l’Assemblée nationale dans le cadre "des questions d’actualité au gouvernement". Nous n’excluons pas d’autres initiatives syndicales. Surveillés ou non, nous ne renoncerons pas à notre droit d’expression et d’opinion.
Jean Louis BELHOTE
Secrétaire Général
Courrier des lecteurs
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