Vers une amélioration de la qualité de l’enseignement ?

8 octobre 2007

En cette période où la nouvelle classe politique dirigeante se targue de tout changer, de rompre avec les systèmes sclérosés du passé, et nous promet, entre autres choses, une refonte profonde du système scolaire et une amélioration nette de la qualité de l’enseignement, il semble que les fonctionnaires au service de l’Etat ne comprennent pas tous la signification du changement d’état d’esprit qui prévaut sous l’égide de notre nouveau Président... ou peut-être, tout simplement, ne sont-ils pas au courant du changement de propriétaire à l’Elysée... ou encore, tout ceci n’est que vaines promesses et lettres mortes.
Imaginez un Lycée de la ville du Port (Lycée Jean Hinglo) et la section de 1ère STI Génie Civil. Les élèves devraient avoir, comme le nom générique de l’orientation des études l’indique, un cours de Génie Civil à raison de 9 heures par semaine. Depuis le début de cette année scolaire, au moins 63 heures d’enseignement magistral de cette matière auraient dû être enseignées aux élèves de cette classe. Or, ils ont eu l’immense privilège de recevoir 3 heures de cette matière qui, pour eux, est la matière principale, sinon essentielle et correspond à un coefficient 9.
Diantre, pour les personnes en charge de l’établissement et le Rectorat, 60 heures de perdues, il n’y a certes pas de quoi fouetter un chat (ou un quelconque autre animal, par ailleurs)... en effet, produire quelques bacheliers abrutis et “mal-préparés” de plus ou de moins ne constitue pas un crime de lèse majesté. A l’heure où l’on tente de vanter la qualité de l’enseignement français... cela sera du plus bel effet.
Les parents des élèves ont alerté et avisé la Direction de l’établissement et aussi le Rectorat. La seule réponse fournie par le Rectorat est que ses fonctionnaires sont totalement dépassés par la situation et qu’ils ne peuvent résoudre le problème et donc pourvoir à un enseignant qualifié pour cette classe. Où est le problème ?
Pendant ce temps, un professeur agrégé en Génie Civil est en attente d’un poste où il pourrait enseigner ce pour quoi il a été formé, et dispense actuellement un cours qui ne correspond pas à sa formation dans un lycée de la même ville. Comment est-il possible que les services du Rectorat n’aient pas trouvé un enseignant ad hoc ? Trop de travail... où pas assez de fonctionnaires ?
Peut-être le passage dans l’île du Ministre Estrosi donnera-t-il l’opportunité au Rectorat de se renseigner sur quelques méthodes de travail plus efficaces ? Peut-être le Rectorat pourrait-il demander l’envoi d’un enseignant par colis express aux fins de remédier à cette situation honteuse et inacceptable ?

Philippe Antoine


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?

Messages

  • ce n’est sans doute pas une question de quantité, mais plutot une question de compétences et d’objectifs qui manque au rectorat, comme d’ailleurs dans la plupart des administrations ou établissements publics de france et de navarre.

    rappelons toutefois que l’octroi dans le public se fait sur la base "occulte" d’un concours, ou celui qui obtient la meilleure note (mais pas forcément le plus compétent) est attributaire d’un poste.

    la suppression du critère d’emploi "ad vitam (ou quasiment) eternam" de la fonction publique devrait s’effacer au profit de la règle admise dans la sphère privée (et qu’on ne vienne pas me tambouriner les oreilles avec la divergence fondamentale entre ces deux sphères). la situation décrite ici ou là des dysfonctionnements ou des comportements répréhensibles quand ils ne sont pas condamnables devant une juridiction, pour peu que les autorités de contrôle compétentes puissent avoir la liberté de faire leur travail jusqu’au bout , dans les administrations devraient pouvoir être admises par tous, et appliqués à ceux qui rigidifient l’adaptation nécessaire de la fonction publique à la réalité du fonctionnement de l’humain. Vouloir le meilleur pour tous alors qu’on s’accroche à des privilèges dépassés, ce n’est pas là un comportement citoyen et solidaire !

    à bon entendeur...

    et pour revenir au gâchis évoqué des heurs non honorés, que dire des jeunes que l’on massacre dans des lycées professionnels alors qu’ils ont la capacité de suivre une filière générale ? leur seul tort, des parents qui s’effacent devant la décision arbitraire du corps enseignants plus soucieux de privilégier leurs propres enfants et celles des copains, plutot que de faire leur boulot en toute impartialité..

    allez réunionnais, endors toi ...


Témoignages - 82e année


+ Lus