Di sak na pou di

Vouloir guérir du cancer et faire confiance à son guide intérieur : ces malades qui guérissent « miraculeusement »

Frédéric Paulus / 21 mai 2018

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Le premier exemple qui motive ce courrier est lié à la guérison d’un cancer du sein qui toucha une proche de ma famille après que celle-ci eut été soignée « classiquement », c’est-à-dire par deux chimiothérapies (à deux reprises) et une radiothérapie (éprouvante). Grande fut ma surprise lorsqu’un éminent cancérologue de l’Institut Gustave Roussy qualifia la disparition de son cancer de guérison « miraculeuse ». Le cancer avait disparu en effet alors qu’il était diagnostiqué très agressif au point de pronostiquer un décès rapproché. Après neuf ans d’absence de signe pathologique, la personne se sent définitivement guérie.

Plus récemment Gilles de la Brière, Président de l’association « Cancer et métabolisme », à nouveau de passage sur l’île, est venu nous entretenir de nouvelles données autour de la question des liens supposés entre une alimentation trop riche en sucre, le cancer et le métabolisme. La réunion à caractère intimiste se déroula « autour d’un verre », chez un particulier. Elle aura permis à un couple de s’exprimer sur « le choix de ne pas opter pour une opération suite à l’apparition d’un cancer de la prostate, mûrement évaluées les conséquences de l’opération ». Il aura été choisi de suivre « des recommandations de diététique en proscrivant le sucre tout en ayant recours à des gélules achetées hors de France ». En clair, ce traitement est entièrement à la charge du couple et en dehors d’une surveillance médicale. Nous savons de nos jours que cette attitude semble se trouver relativement fréquemment, ce qui devrait nous amener à étudier sans préjugés la question de vouloir guérir sans aide médicale. Ce courrier suggère aux spécialistes d’étudier ce qui sous-tendrait les motivations de ce type de démarche. Il s’agirait aussi de tenter « d’éclairer » ceux qui voudraient faire de même.

Un autre témoignage relata l’histoire d’une personne (absente de notre groupe) à qui l’on avait diagnostiqué un cancer de l’utérus. Celle-ci aura choisi de ne pas se faire opérer et de ne rien dire de sa maladie à son entourage. La personne qui décrivit la réaction d’opposition de cette femme est son amie. Elle évoquait des moments partagés durant une année en co-location dans un logement à la limite de l’insalubrité. La disparition du cancer fut interprétée comme liée au contexte de plaisir, de joie et de rire qui marqua leur vie commune. La témoin exprimait son intime conviction que ce fut ce contexte émotionnel particulier qui avait contribué à guérir son amie, de nos jours dans l’hexagone. Des nouvelles semblent assurer après sept années que le cancer aurait disparu.

Le choix de ne rien dire de sa maladie peut être sous-tendu par la certitude de la présence d’un « guide intérieur » qui assure à la personne qu’elle guérira. Anne Ancelin Schützenberger évoque dans son livre « Vouloir guérir » ce « guide intérieur » qui se manifesterait lorsque « elle demande, en état de relaxation (ou en état sophronique »), de laisser venir en visualisation quelqu’un qui pourrait, dans son esprit, lui venir en aide. Une image surgit spontanément, très différente suivant les cas : pour les uns un sage, un lama tibétain, la Sainte Vierge, leur ange gardien, parfois une forme indistincte nimbée de lumière, pour d’autres Bambi, Tarzan, Superman, ou encore le Père Noël, le bon médecin de leur enfance, un ours, etc. », p. 29.

A notre connaissance c’est le psychanalyste Carl Gustav Jung qui évoqua la réalité subjective du guide intérieur en identifiant la polarité vivante et ancestralement émergente du corps. Il différencia cette dimension de l’inconscient freudien qui lui est essentiellement lié à l’histoire de la personne. Le guide intérieur selon Jung nous relierait à l’ensemble du genre humain transpersonnel, commun à tous les humains quelles que soient leur culture ou leurs différences biologiques. Il ferait corps avec le processus d’individuation dégageant une sensation d’unité corps-esprit et un dynamisme intrinsèque.
Ce savoir « jungien » est empirique et clinique, cependant des scientifiques semblent s’emparer de cette dimension cachée qui interviendrait à notre insu, voir pour cela « Incognito, les vies secrètes du cerveau », Poche Marabout, 2013, de David Eagleman.
Quant à Anne Ancelin Schüzenberger, auteur d’un premier ouvrage « Vouloir guérir, l’aide au malade atteint d’un cancer » édité en 1985, et plus récemment à la suite de son dernier ouvrage « La langue secrète du corps » Payot 2015, elle aura cherché des arguments pour rationnaliser et donner une consistance à cette notion de « guide intérieur » sans se référer au psychanalyste Jung. Elle nous a quittés ce 29 mars 2018 à 98 ans. J’aurai le regret de ne pas lui avoir reparlé de l’apport humaniste et scientifique de ce dernier, lequel souffrît en effet d’une occultation incompréhensible, sur ce sujet, des milieux qui véhiculent le savoir.

Les personnes qui se sentiraient guéries miraculeusement pourraient se manifester pour tenter d’identifier en elles les ressources qui se seraient activées à leur insu (ou non) ; ainsi contribuer à en extraire un savoir et des connaissances pouvant aider d’autres particuliers touchés par le cancer. Il en serait tenu compte dans « l’arsenal des nouvelles thérapies » telles qu’évoquées dans le N° 99 Hors série de la revue « Pour la science » en kiosques depuis le 22/05/18. Elles pourraient en outre concourir par leur témoignage à mettre en place avec nous psychologues des groupes de parole qui réuniraient des personnes souffrant d’isolement.

Frédéric Paulus, Directeur scientifique du CEVOI



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  • Je persiste à dire que, si l’attitude et le comportement psychologique du malade a une très grande importance, le changement d’alimentation et de mode de vie est probablement aussi important et expliquerait, lui aussi, ces guerrisons miraculeuses.
    Voir ci-dessous mon article du 28 septembre 2015 publié par le JIR (Clicanoo).


    Véronique Weber
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    Il n’y a pas de recettes pour être en bonne santé
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    Courrier des lecteurs
    28 sep 2015, 06h29
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    Il n’y a pas de recettes pour être en bonne santé, sinon, cela se saurait. Non, il faut réfléchir et chercher encore. Nous sommes loin de tout connaître sur le b.a. BA du fonctionnement de notre prodigieuse usine métabolique humaine.Mais il y a des pistes. Ce fantastique outil de précision qui est capable de transformer tout ce que nous ingérons en une liste et un dosage bien précis de produits utiles à notre croissance et à notre santé, a été façonné par plus de 20 millions d’années d’évolution. Reconstituons ce cheminement, étudions ce que le malheureux hominien a dû affronter, étudions ce lent processus d’adaptation du vivant aux agressions de l’environnement et nous comprendrons mieux les capacités et les limites de notre métabolisme. Ce qu’il faut retenir cependant dès à présent, c’est que, quelles que soient les qualités de la machine métabolique, elle possède des limites. Il faut bien reconnaître que, avec les mille et une cochonneries que la société moderne a inventées, elle a été récemment mise à rude épreuve. Un médecin nous disait récemment : « Mangeons ce que nous consommions il y a mille ans ». C’est sûr que c’est une bonne piste. Mais il faut aller plus loin pour confirmer tout cela. C’est comme dans l’agriculture écologique et intensive préconisée par Bruno Parmentier. Il faut enfin mettre un peu d’intelligence (celle qui précisément nous distingue de l’animal) dans nos comportements, nos méthodes, nos actions.Ce qui semble bien se confirmer aujourd’hui, c’est que le placide Neandertal était végétarien. Ensuite, les choses se sont gâtées. Ses enfants ou d’autres hominiens, sans doute poussés par la nécessité (raréfaction du végétal, sécheresse, froid, etc.), se sont mis à manger n’importe quoi, y compris de la viande. Les hominiens n’ont pas disparu comme l’ont fait les dinosaures, probablement parce que, après beaucoup de morts, certains hominiens au métabolisme plus résistant, ont eu le temps de s’adapter. Mais l’espèce humaine en paye aujourd’hui le prix. Au placide Neandertal a succédé une nouvelle race d’hommes beaucoup plus agressive. Cela, un temps, leur a permis de survivre. Cela, aujourd’hui, génère une société incapable de se calmer elle-même. Et si manger moins de viande était un facteur de paix ? François Maugis

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