Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
3 avril 2006

Quelques réactions à chaud suite à l’intervention du président de la République. On n’arrête pas de nous rabâcher les oreilles sur le jeu des institutions de la République, mais ces institutions sont-elles réellement démocratiques ? Quand on examine le texte de la Constitution, on constate que le Parlement ne peut décider souverainement de son ordre du jour (article 48), que le gouvernement peut à sa guise légiférer en lieu et place du Parlement par la procédure des ordonnances (article 38), le président de la République peut s’attribuer les pleins pouvoirs et suspendre les libertés publiques (article 16), dissoudre l’Assemblée nationale (article 12), opposer son veto à toute loi votée en ne signant pas sa promulgation (article 10). De plus, la loi électorale au scrutin majoritaire ne permet pas une représentation fidèle de la société civile.
L’existence d’un double suffrage universel compromet gravement l’équilibre des institutions. De ce fait, la représentation parlementaire perd toute légitimité. L’existence d’un Conseil constitutionnel, dont les membres sont nommés, entretient l’illusion d’un État neutre, indépendant de la société. Or l’État est un instrument de domination de la classe dominante. L’effondrement du bloc soviétique n’a pas fait disparaître les classes en France et de manière plus générale en Europe. Les luttes sont de plus en plus intenses et rapprochées dans le temps.
Pourquoi cette obstination du gouvernement ? C’est que le système capitaliste européen est rentré dans une crise organique durable avec la constitution du marché mondial (“mondialisation”), crise dont il ne peut sortir qu’en jouant sur la seule variable qu’il a à sa disposition, le travailleur salarié. La seule solution que le capitalisme européen a trouvée pour retrouver la rentabilité du capital, c’est d’abaisser le coût du travail en Europe en faisant travailler davantage les salariés (durée hebdomadaire plus longue, recul de l’âge de la retraite, diminution des charges sociales, donc un système de santé moins performant...) Telle est la redoutable logique du Capital qui ne peut que dévorer les hommes.
La précarisation de l’emploi des jeunes prend place dans cette terrible logique. C’est une terrible régression sociale que de pouvoir licencier sans motifs. C’est le retour à l’arbitraire, au servage, à l’Ancien Régime. Les jeunes ont raison de se mobiliser, mais ils ne devraient pas être seuls. C’est l’ensemble de la population qui devrait les soutenir. Un seul mot d’ordre : "grève générale, jusqu’à l’abrogation de la loi !"
Bernard Pitou
Le monde a changé
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