Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
27 novembre 2010

Encore un « gros » mot qui apparaît dans la décision de Madame la Ministre de l’Outre-mer de créer trois « commissaires au développement endogène » pour favoriser le développement propre des territoires ultramarins afin de permettre « une réduction de la dépendance vis-à-vis de la métropole ».
Il a donc fallu entrer en crise pour prendre ce virage à 180 degrés, après avoir travaillé dans le sens contraire pendant des décennies.
C’est Monsieur Bertrand Coûteaux « ayant exercé dans la crevette à Madagascar » qui a été choisi pour la Réunion et Mayotte. Sans mettre en doute la qualification de cet heureux élu parmi 800 candidats, on peut légitimement s’interroger pour savoir s’il n’y avait pas parmi eux quelques Réunionnais ou Mahorais ayant les compétences nécessaires.
Mais chiche ! « Pour couper le cordon » suivant l’expression du journaliste Cédric Boulland.
Faisant partie d’une masse de convaincus de la nécessité d’un tel développement, nous ne serons pas aux abonnés absents.
Mais revenons à ce « gros mot ». Je ne pense pas qu’il y ait de mot créole équivalent pour faire comprendre à zot tout cet enjeu, mais un proverbe l’explique bien : « Kont pa si baton tonton pou sot la rivièr ».
Sauter la rivière, c’est dépasser tous les obstacles dans tous les domaines et pas seulement d’ordre économique. Comme le rappelait Aude-Emmanuelle Hoareau au débat organisé à Saint-Leu sur “la philosophie créole : rêve ou réalité ?” l’important est de trouver les mots justes pour « transformer tous les maux qui nous empêchent de grandir, toutes nos blessures, en forces ».
Il n’y aura pas de développement endogène sans cette « maïeutique » (accouchement) qui doit toucher tous les lettré(e)s et illétré(e)s qui sont loin d’être des ignorant(e)s.
Encore faut-il rester logiques jusqu’au bout.
Nos élus (de la majorité) ont voté, sans sourciller, la loi sur la réforme territoriale qui « brade » le pouvoir endogène des collectivités et des citoyens au profit d’un super-préfet dans une logique néo-libérale. On n’appelle pas ça « dépendance » ?
Allez y comprendre quelque chose au fait qu’à l’article 40 de ladite loi, la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique ont droit à des adaptations, sans que cela ne concerne la Réunion « qui n’a rien demandé » !
Le débat a montré en tout cas la force de notre veille citoyenne.
Associations de développement et citoyens conscientisés ne s’en laisseront pas conter.
Marc Vandewynckele
PS : ces concepts et mots sont abordés assez simplement dans le dernier ouvrage que j’ai publié avec un collègue belge à La Chronique sociale de France : “Être « développeur » de territoire–mobiliser les acteurs”.
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
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