Di sak na pou di

Vous ne boirez plus votre café du matin de la même manière

François Maugis / 19 novembre 2018

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Dans notre bulle de consommateur nantis, nous ne nous rendons pas compte de la valeur des choses. Je suis sûr qu’après avoir ramassé vous-même, un à un les grains de café dans la plantation, après avoir coupé la canne à sucre avec votre sabre sous la canicule, vous ne boirez plus votre café du matin de la même manière.

La distance qui sépare l’homme moderne des réalités humaines et naturelles, augmente de telle manière, que nous perdons pied, nous perdons un jugement essentiel : la véritable valeur des choses. Addict aux billets de banque plus qu’aux vraies valeurs, nous devrions pourtant être alertés car même ces billets de banque nous adressent un message. Lorsque je lis dans la presse que dans notre pays, la moitié des agriculteurs vit avec moins de 350 euros par mois, je suis révolté. Après avoir lu le petit livre de Nicolino et Vieillerette : « Nous voulons des coquelicots » je suis effondré. Le monde de l’argent, des affaires, a pris une telle place dans la vie et le quotidien de chacun de nous, que tout le reste passe au second plan, y compris notre santé physique, morale et même mentale.

Finalement, il ne s’agit pas de dire que telle ou telle catégorie de citoyen est sacrifiée par rapport à une autre, que la moitié (ou plus) de l’humanité, vit dans la misère. Cela entretient les tensions et prépare la guerre. Non, il faut arrêter de perdre pied comme nous le faisons, il faut enrayer le cycle infernal de l’exploitation de l’homme par l’homme, il faut remettre en haut de l’affiche le drapeau que nous n’aurions jamais dû mettre en berne : Liberté, égalité, fraternité.

François-Michel Maugis - La Réunion
Économiste, écrivain et philosophe