Di sak na pou di

« Vous pourriez consulter un psy, cela ne vous fera pas de mal »

Frédéric Paulus / 23 décembre 2019

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On l’aura compris, ma rencontre (de psychologue) avec les travaux du Professeur Henri Laborit (1914-1995) fut déterminante dans mon désir (ou mon obstination) à rechercher un socle organique à la vie psychique, préalable indispensable pour étayer une psychologie des profondeurs qui intègrerait psychisme et soma.

Nos investigations autour du cancer (fréquemment abordées dans vos colonnes, dont je vous remercie) et autres nombreuses pathologies à traductions somatiques dans leurs différentes formes phénotypiques semblent montrer une limite à notre adaptabilité au mode de vie actuel et pour le cancer, « il nous jouerait bien des tours », comme le formule Frédéric Thomas du CNRS.

Notre alimentation, les innombrables sources de stress, l’éducation de nos enfants et ce dès leur conception, la société de consommation qui engendre des valeurs autres que celles que l’on pourrait qualifier « d’humanistes » font que nous aurions minimisé la sensibilité cellulaire, organique, corporelle et enfin psychologique. Sur ce dernier volet, notre civilisation aura accordé si peu de crédibilité aux sciences humaines enseignées en faculté des lettres, si bien que ni la psychologie, ni la sociologie ne sont enseignées au sein des collèges et des lycées. Ceci n’empêche pas les enseignants d’aborder des sujets tels le racisme (avec, par exemple l’étude du film « J’accuse » relatant « l’affaire Dreyfus ») ou encore, parfois, le fanatisme religieux, d’une manière laïque il va sans dire.

Concernant l’étude du premier niveau de cette sensibilité, la cellulaire, nous la devons au grand biochimiste espagnol Faustino Cordon, (1909-1999), sa fille Teresa et le continuateur de son œuvre Chomin Cunchillos, [1]. Nous devons poursuivre nos investigations sur cette voie et intégrer la psychologie et autres sciences humaines à la biologie, ce qui manque outrageusement à la biologie moléculaire et évolutionniste, [2].

La suggestion d’avoir recours à un accompagnement psychothérapeutique, s’il est considéré comme : « Vous pourriez consulter un psy, cela ne vous fera pas de mal ! » risque de ne rien changer au panorama de la cancérologie (par exemple) tant le cancer semble faire partie de la vie intime de la personne chez qui il se déclare.

Nous adhérons sans restriction à la vision de Frédéric Thomas, l’avenir devrait être « la prévention, la prévention et encore la prévention », [3].

Frédéric Paulus, CEVOI, (Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien)

[1Chomin Cunchillos, Les voies de l’émergence, Introduction à la théorie des unités de niveau d’intégration, Belin, France, 2014.

[2Frédéric Thomas, Thiery Lefèvre et Michel Raymond, Biologie évolutive, de Boeck, Belgique, 2016.

[3Frédéric Thomas, L’abominable secret du cancer, Humensciences, 2019.