Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
9 décembre 2004

(Page 10)
Wangari Maathai a eu au mois d’octobre dernier le prix Nobel de la paix. En ce mois de l’environnement, comment ne pas penser à cette femme extraordinaire ? Elle a fait planter plus de 30 millions d’arbres au Kenya, son pays. Elle a lutté toute sa vie contre la corruption et pour l’écologie. Ce prix est une consécration pour cette femme de caractère.
Qui est Wangari Maathai ? Elle est née le 21 avril 1940 à Neyri. Elle a fait ses études de biologie aux États-Unis. En 1966, elle est médecin vétérinaire à l’Université de Nairobi. En 1991, elle est emprisonnée pour avoir dénoncé la construction, au milieu d’un parc naturel, d’une tour de 60 étages. C’est grâce à une campagne active d’Amnesty International qu’elle est libérée.
En 2002, elle est élue au parlement kenyan. Un an plus tard, elle est nommée ministre adjoint de l’Environnement. Cette mère de trois enfants parcourt l’immense territoire de son pays pour expliquer, conseiller, former son peuple sur l’importance de l’environnement, de l’écologie. Elle fait preuve d’un engagement infatigable pour cette terre.
Ce parti pris l’amènera à être choisie pour recevoir le prix Nobel de la paix 2004. Elle se bat pour la plantation d’espèces locales au détriment d’autres plus exotiques : "La couverture forestière du Kenya n’est plus que de 1,7 % de la surface totale du pays", souligne-t-elle.
"Or, le programme des Nations Unies pour l’environnement recommande un minimum de 10%. Nous sommes une contrée agricole, très vulnérable, avec la proximité du désert du Sahara. Nous devons étendre la couverture forestière et le seul moyen d’y parvenir est d’impliquer les citoyens".
Il ne fait aucun doute que cette distinction donnera une dimension internationale à son action pour la protection et la promotion du sol de ses ancêtres. Pour “les amis de la terre”, les jurés du prix Nobel ont voulu envoyer un signal fort aux différentes nations : "En liant les problèmes d’environnement aux grands équilibres du monde, ils ont trouvé là des fondements à la paix. Pour signifier que l’écologie ce n’est pas que les petits oiseaux".
Ce choix, considère Olivier Nouaillas, journaliste, est aussi prophétique que celui de 2003 avec l’Iranienne Chirin Ebadi.
Le jour de sa désignation, Wangari Maathai a planté un tulipier d’Afrique.
Pour une prise de conscience de notre environnement réunionnais, je souhaite que nous suivions l’exemple de Wangari Maathai et pourquoi pas dans un avenir proche en 2005, faisons le vœu qu’elle séjourne à La Réunion ?
Marc Kichenapanaïdou
Le monde a changé
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