Application de l’APE : vers plus de chômeurs que de salariés à La Réunion
8 août, parUne catastrophe se prépare dans l’indifférence
Marie Doriane Dijoux, Isse Chabir, Eddy Couillard, Jean-Hugues Ratenon
18 juin 2009, par

Les assistants d’éducation souhaitent travailler. Ce droit, ils le revendiquent depuis des jours devant la préfecture où ils campaient jusqu’à hier, avant d’être délogés par les forces de l’ordre. Des rencontres avec les représentants du recteur et du préfet, la délégation qui représente les AE est sortie sans réponse. Ils sont inquiets d’où leur demande urgente d’une rencontre avec les parlementaires sur qui ils fondent leur —dernier— espoir.
Rien voilà ce qu’ont obtenu les assistants d’éducation venus nombreux, hier matin, soutenir une délégation (1) les représentant respectivement au rectorat et à la Préfecture. C’est dire s’ils étaient insatisfaits de cette réponse mais déterminés à résister. Le renouvellement de leur contrat semble compromis du moins dans l’immédiat pour 348 sur les mille et quelques que compte l’Éducation Nationale.
Rien au sortir du Rectorat et de la Préfecture
Ces agents non titulaires de l’État accomplissent un travail important auprès des écoliers, collégiens, lycéens et du personnel administratif. Sur leurs tâches, il n’y a rien à dire, il est même reconnu par les titulaires. Certains d’entre eux dont des professeurs, étaient de la manifestation d’hier car ils savent o combien leur présence est cruciale. Pour preuve, on peut se demander qui accompagne les enfants handicapés de certains établissements scolaires en ce moment ?
« C’est une question politique »
Ce qui est aberrant, c’est qu’on souhaite les remplacer par du personnel inexpérimenté ! Alors qu’une simple application d’une directive européenne peut permettre aux AE en poste de pérenniser leur emploi. C’est pourquoi hier, on a dit que « c’est une question politique ». Avec insistance, la délégation a demandé qu’immédiatement, on se retrouve autour d’une table ronde –et pourquoi pas carrée (humour)- en présence notamment des députés et sénateurs. Ils doivent peser de tout leur poids pour qu’une véritable solution soit apportée aux AE.
La solidarité des AE et des Réunionnais
Marie Doriane Dijoux appelle à la solidarité des AE et des Réunionnais. Même si hier après-midi, ils ont été ôtés manu militari de leur campement de fortune installé aux pieds de la préfecture. Ils restent mobilisés et décidés à ne pas plier devant de telle manœuvre, que l’on peut qualifier d’indigne et condamnée par le PCR dans un communiqué. D’ailleurs la force n’a jamais réglé quoi que ce soit.
Le rectorat et la préfecture auraient-ils réglé en « misouk » le sort de ces 348 AE dont les contrats prennent fin pour certains en août et pour d’autres un peu plus tard ? Rien de concret ne leur a été proposé. Si, une porte leur a été ouverte, celle du Pôle Emploi où ils apprendront à rédiger un CV et une lettre de motivation ou pourquoi pas une remise à niveau et de la danse de salon tant qu’on y est. On peut se demander de qui se moque-t-on ? Et si tout ça est vraiment sérieux.
En attendant, les AE s’inquiètent alors que du côté du Rectorat et de la Préfecture, on semble dormir sur ses deux oreilles.
Texte et photo Jean-Fabrice Nativel
(1) Marie Doriane Dijoux -présidente de l’association des AE-, Isse Chabir du CENRAC CFTC, Eddy Couillard du SNALC, Jean-Hugues Ratenon, d’Agir Pou Nout Tout.
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
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