Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Le président de la délégation Serge Larchet, sénateur de la Martinique
18 mai 2009, par

Serge Larchet était présent à la Réunion dans le cadre de la visite des sénateurs du 26 au 29 avril pour établir un état des lieux de la situation réunionnaise. Le président de la délégation est sénateur de la Martinique. La mission continue puisqu’elle doit visiter les 4 départements d’outre-mer.
Pensez vous que les DOM ont besoin de profonds changements ? Qu’en pense le Sénat ?
— Tout d’abord, nous ne sommes pas ici pour donner des leçons. Nous sommes venus pour constater les faits avant de prendre des décisions. Lorsque la mission sera finie nous pourrons faire un constat. Il nous faut savoir ce que veulent les Réunionnais. Le problème de la gouvernance a été posé par certains. L’évolution ne passera pas obligatoirement un changement de statut. Ici nous avons vu une île à deux vitesses, d’un coté, un dynamisme fort avec un économie en pleine croissance, des orientations vers les énergies renouvelables, de l’autre les laissés-pour-compte avec les 52% de la population qui vit au dessous du seuil de pauvreté, un taux de chômage alarmant... et peu d’espoir de changement. On voit des jeunes qui ont la chance de pouvoir faire des études longues sur place mais qui peinent à trouver du travail sur leur île, à la hauteur de leur capacité.
Il y a aussi des problèmes qui découlent des directives européennes et de leur difficulté d’application dans l’outre-mer, des problèmes de cohérence entre les deux assemblées. Tout cela et bien d’autres choses font partie des choses que nous prendrons en considération.
La mission arrive au moment où commence les Etats Généraux, qu’en pensez-vous ?
— C’est un hasard du calendrier, une pure coïncidence. Il a été décidé que la mission débuterait à la Réunion bien avant la mise en place des Etats Généraux.
Vous avez vu la Réunion et ses projets pour sortir de la crise ?
— Le développement des énergies renouvelables et le projet d’autonomie énergétique est un des atouts les plus fort de La Réunion. Nous avons pu voir des réalisations de grande envergure comme la route des Tamarins qui prouve le dynamisme dont l’île est capable. La volonté de structurer les filières dont l’agro-alimentaire afin de pérenniser la production locales tout cela est très positif pour le développement du département.
Pensez–vous qu’une coopération avec les pays de la zone pourrait être une des solutions ?
— C’est une problématique importante pour tous les DOM. La coopération avec les pays voisins et une meilleure insertion dans la zone Océan Indien ne correspondent pas avec les directives européennes qui elles ne correspondent pas avec l’état d’insularité qui est le vôtre. La formation des prix souffre des importations venues principalement d’Europe. C’est une des difficultés qu’il faudra traiter avec célérité, car ces problèmes de vies chères sont à la base des revendications des outre-mer.
Propos recueillis par CF
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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