La honte pour les élus réunionnais
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Nassimah Dindar, présidente du Conseil général
17 août 2010

Récemment, Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, a adressé une lettre au Premier ministre où il est demandé « de ne pas appliquer dans notre île la baisse annoncée au plan national des contrats aidés pour 2011 » au vue de la « situation sociale particulière » de l’île. La présidente du Conseil général explique les raisons de la démarche.
Pourquoi avez-vous décidé d’envoyer un courrier au Premier ministre ?
- En tant qu’élue responsable, j’estime que c’est mon devoir d’alerter le Premier ministre sur les conséquences à La Réunion d’une diminution des emplois aidés. Le gouvernement doit tenir compte de l’urgence sociale. Plus de 50% des Réunionnais vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Le chômage est en train d’exploser dans l’île. En 2009, 20.000 demandeurs d’emploi supplémentaires ont poussé les portes du Pôle emploi. Ce qui représente un taux de chômage de plus de 27%. Ces chiffres sont insoutenables. Mais c’est une réalité. Et nous devons agir en conséquence.
C’est le sens de ma lettre adressée au Premier ministre. Ma collectivité est au cœur du secteur social. Jour après jour, nous nous inquiétons pour l’avenir des familles réunionnaises : les conditions de vie se dégradent, la précarité s’installe.
Que lui avez-vous demandé ?
- J’ai demandé au chef du gouvernement de ne pas appliquer dans notre île la baisse annoncée au plan national des contrats aidés pour 2011. Pourquoi ? Dans le contexte actuel de crise économique, c’est un moyen efficace pour s’insérer dans la vie active, notamment pour nos jeunes de moins de 26 ans, les plus durement touchés par le chômage. C’est un moyen de les accompagner vers un emploi durable. De même il est à craindre que cette baisse vise particulièrement les CAE, des publics non Rmistes qui sont souvent des jeunes et des femmes qui seraient ainsi écartés des perspectives de retour à l’emploi.
Les bénéficiaires d’emploi aidés font parfois vivre leur famille. En ce sens, c’est une réponse sociale. Car de nombreux Réunionnais s’éloignent ainsi de l’exclusion.
Beaucoup d’entre eux remplissent des missions de services à la personne, des missions éducatives ou liées à la préservation de l’environnement. C’est donc à juste titre qu’on peut parler d’utilité sociale en ce qui concerne les contrats aidés.
Qu’attendez-vous du gouvernement ?
- Le gouvernement doit prendre en considération notre situation sociale particulière. La solidarité nationale vis-à-vis des plus fragiles doit rester une priorité. Les plus démunis ne peuvent donc être victimes d’un plan de rigueur.
Par ailleurs, nous tirons la sonnette d’alarme sur la situation budgétaire des collectivités (Région, Département, communes) déjà dégradée. La baisse annoncée de 80 à 90% de la prise en charge du salaire par l’État va renforcer cette situation.
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