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4 juin, parNos peines
Paul Junot, secrétaire général de la CFTC-Réunion
13 août 2010, par

À moins d’un mois de la grande journée d’action du 7 septembre, quelle est la situation sociale ? Point de vue de Paul Junot, secrétaire général de la CFTC-Réunion.
Quel regard portez-vous sur la “réforme” des retraites ?
- Comme les autres syndicats, nous considérons cette réforme comme injuste et brutale. J’ajouterai : dangereuse pour la société. Je m’explique : lorsqu’on consulte les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR), on s’aperçoit que, selon cet organisme, si les choses restent comme elles sont, le déficit des retraites devrait atteindre les 70 milliards aux alentours de 2050. Mais selon ces mêmes précisions, même si on allonge la durée de travail jusqu’à l’âge invraisemblable de 70 ans, il y aura encore 32 milliards de déficit ! Tout montre que le but, c’est évidemment de rompre avec le système de solidarité, et de passer à un système à l’anglo-saxonne. On capitalise chacun pour soi, et tant pis pour les autres. Le gouvernement est en train de saboter la solidarité, et c’est en cela que cette réforme est dangereuse.
Que pensez-vous de la situation réunionnaise ?
- Le cas de La Réunion montre le lien intime qui existe entre travail, salaires et retraites. L’importance du chômage, et son augmentation, agissent bien entendu sur le niveau des cotisations. Aujourd’hui, la crise est là, et tous les paramètres sont présents pour qu’elle soit très grave. L’un d’entre eux est la division profonde du monde économique. Vous avez, d’un côté, le monde des grandes entreprises : les banques, les assurances, la téléphonie. D’autre part, celui des petites et moyennes entreprises. Ce sont ceux-là qui font La Réunion. Les autres, les “gros” ont vocation à ramener de l’argent dans les caisses des maisons-mères… c’est-à-dire, en-dehors du territoire.
Et que vous inspire l’attitude du Gouvernement ?
- Ce qui est terrible, c’est l’attitude qui consiste à fuir les responsabilités sociales, en chargeant des boucs émissaires. C’est malheureusement un grand classique des périodes de récession : pour dissimuler les problèmes, on désigne des responsables. Dans les années 30, les victimes étaient les Juifs. Aujourd’hui, ce sont quelques Tziganes, Roms. Tout cela sert d’écran, non seulement aux problèmes, mais aussi à ce qui est en train de se passer sous nos yeux : le transfert énorme d’argent public vers des intérêts privés.
Propos recueillis par Geoffroy Géraud-Legros
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