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4 juin, parNos peines
Éric Kichenapanaïdou, archéologue
9 septembre 2010, par

L’archélogue, Éric Kichenapanaïdou revient sur la découverte faite récemment à proximité de la Mairie de Saint-Paul.
Pouvez-nous nous rappeler ce qui est arrivé à Saint-Paul, lors de la découverte d’une structure près de la mairie ?
- Dans le cadre des travaux du Projet de rénovation urbaine de Saint-Paul, il a été mis à jour, derrière la mairie, un début de structure de pierre. La Mairie a alors demandé l’arrêt des travaux de façon à sauvegarder la découverte. J’ai été ensuite appelé, en raison de mon expérience en archéologie, pour faire un travail d’expertise. La première chose a été de protéger le site de la découverte, et d’éviter la destruction de la structure par le chantier. Il a aussi fallu gérer la foule, et les médias, parce que la DRAC (Directions régionales des affaires culturelles) avait besoin des mesures exactes de l’édifice afin de prendre les mesures adaptées. Nous avons également dégagé le plus possible la structure en attendant l’arrivée de la DRAC.
Que s’est-il passé après l’arrivée de la DRAC ?
- Il y a eu une réunion entre les bénévoles, la DRAC, le personnel du chantier, et le Monsieur Marrec. Nous avons alors commencé à dégager la structure, afin de faire un repérage, et non une fouille. Nous avons lancé une équipe de sauvetage et travaillé en urgence pour sauver cette structure. L’objectif a été de protéger la structure, on a remis le sable retiré de la structure pour le protéger. Ce sable est perdu scientifiquement, en effet, il aurait permis de dater, et de donner des informations importantes sur l’environnement de cette structure. Nous avons fait des photos, pris des relevés, demandé à des topographes de faire des repérages sur un plan.
Il y a eu une concertation sur la structure entre le maire, le préfet pour la reprise des fouilles. On était en situation d’urgence, la protection était indispensable, mais il a fallu arrêter les travaux du centre-ville. Ce mois-ci, les fouilles devraient reprendre, en relation avec l’arrivée à la DRAC, d’un conservateur, spécialiste en archéologie, qui pourra paramétrer les fouilles.
Comment expliquez-vous un tel évènement à La Réunion ?
- Cet évènement est exceptionnel à La Réunion, mais il est régulier ailleurs. Exceptionnel parce qu’il y a une attente du public, qui est à la recherche de son patrimoine, et qui se pose des questions sur la perte des valeurs, et son identité dans une société galopante. Il y a donc une volonté d’avoir un regard sur son passé pour une meilleure évolution de son présent.
Auparavant, on ne parlait pas d’archéologie, parce qu’il n’y avait pas de travail dans ce sens, ce sont souvent les associations qui ont commencé à parler d’archéologie, à partir de là les esprits se sont ouverts sur le domaine. Il a fallu trouver des professionnels spécialisés en archéologie africaine qui accepteraient des missions extérieures à La Réunion, pour faire de la prospection. C’est ainsi qu’a débuté l’archéologie terrestre dans l’île, en essayant de trouver des vestiges. La première sensibilisation auprès du public s’est faite par le travail réalisé depuis dix ans, les choses ont par la suite évolué.
En parallèle, il n’existe pas de Service régional de l’archéologie (SRA), cependant l’arrivée du conservateur est une avancée pour l’histoire archéologique de La Réunion. Malgré les réticences, nous sommes sur une voie constructive, pas seulement administrative. La découverte de cette structure est un évènement immédiat, mais sur le long terme, il y a chaque jour des destructions de vestiges sur toute l’île. On détruit le patrimoine réunionnais, mais aussi son Histoire.
Propos recueillis par Céline Tabou
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