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Témoignages.re / 12 juillet 2007

Trente quatre mille deux cent seize : tel est le nombre d’actifs que l’Artisanat réunionnais fait travailler, à travers un peu plus de 10.000 entreprises qui génèrent un chiffre d’affaires qui avoisine 1.300 milliards d’euros.
Ces quelques premières données permettent de dire que notre île figure parmi les départements français les plus dynamiques en matière de création d’entreprises, le bâtiment en étant le moteur principal.
Un constat - récurrent - confirme que La Réunion connaît actuellement un « boum » sensible en matière d’activité : il n’est pas rare que les Commissions d’Appel d’Offres communales, mais aussi au Département et à la Région, se retrouvent devant une rareté de l’offre pour des travaux de niveaux techniques et financiers très moyens voire même modestes. C’est que nos entreprises ont par ailleurs leurs carnets de commandes bien remplis ! C’en est presque inquiétant !
Une « inquiétude » qui, bien évidemment, satisfait la Chambre des Métiers et de l’Artisanat : ses ressortissants ne seraient donc pas assez nombreux pour faire face aux besoin des pouvoirs publics !
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que le taux de « pérennité » des entreprises artisanales réunionnaises se soit ces dernières années passablement amélioré.
Ainsi, selon l’Observatoire économique de l’Artisanat, « les chances de survie des structures artisanales n’ont cessé de s’améliorer depuis 1990 ».
A cette date, en effet, la moitié tout juste des entreprises qui se créaient franchissait le seuil des trois ans. Aujourd’hui, on en est à 66 %.
Mieux, sur 5 années, « le taux de survie passe de 37 % à 54 %, soit un bond de 17 points », avec une répartition inégale selon qu’il s’agisse de la profession d’ambulancier, de taxiteur, de mécanicien, de terrassier ou de bijoutier (ce sont les plus résistantes) ou de celle de préparateur de plats à emporter, de plombier, de peintre, de blanchisseur, de photographe ou de couturier (les plus exposées). Ces précisions portent en elles leur part d’interrogation. Si l’on peut comprendre, avec la généralisation des appareils photos numériques et les techniques du développement industriel, la perte de vitesse du métier de photographe, voire de couturier (la vulgarisation des commandes facilitées auprès de chaînes telles que “La Redoute” ou “3 Suisses”, par exemple), on s’explique moins celle des plombiers ou des peintres au vu de la bonne santé du secteur du bâtiment.
Dans les centaines de chiffres qui meublent les tableaux économiques de l’Artisanat et ses chiffres clés pour l’année 2006, je ne pouvais pas ne pas remarquer ceux de l’Artisanat d’Art. On y relève que 420 entreprises font 15 millions d’euros de chiffres d’affaires, avec une tendance de 6 % d’augmentation des emplois créés. Le secteur, émergent, est évidemment jeune et créatif, dans des structures mono personnelles qui souffrent encore d’un déficit de formation artistique et de la concurrence des produits importés de notre zone de l’Océan Indien.
Vous voulez que je vous dise ? Avec ce que tous les jours nous découvrons ces derniers temps et nous appuyant sur les chaleureux accueils qui sont faits ici et là à notre production dans ce domaine, nous ne doutons pas que notre Artisanat d’Art va consolider, dans les années à venir, la place qui lui promettent la tendance actuelle qui provient du public et la capacité qui émane de ses acteurs à vouloir et à pouvoir cultiver l’excellence...

Raymond Lauret