Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
26 juin 2006

Ce lundi 26 juin se tient, jusqu’à demain, à Horta, aux Açores, une conférence consacrée à la politique maritime de l’Europe. Si l’on se base sur les présences à cette rencontre de M. Durax Barroso, Président de la Commission européenne et de M. Joe Borg, Commissaire européen pour la pêche, on peut, sans risque de se tromper, penser que la conférence est considérée comme importante par Bruxelles.
Mais pas seulement par Bruxelles. Voulue par la Conférence des Présidents des Régions ultra périphériques, elle consacrera une large part de ses travaux au contexte de ces R.U.P.. Victorin Lurel, Président du Conseil régional de Guadeloupe et de la Conférence des RUP, ouvrira les débats dès ce lundi à 10 heures, juste après les allocutions cadres au représentant du gouvernement de la Région des Açores, de M. Borg et du Ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche du Portugal.
Après Victorin Lurel, ce sera au tour de M. Luis dos Santos Costa, de Madère, de M. Adam Martin, le Président du Gouvernement de la région des Canaries et de nous-mêmes, au nom du Président du Conseil régional de La Réunion avant que n’interviennent les délégués d’autres régions maritimes de l’Europe.
Dans ce concert où chacun aura à cœur de faire entendre ses particularités et ses problèmes, nous aurons à rappeler que notre petite île, "frontière active de l’Europe dans l’Océan Indien", ne dispose de nulle ressource. Pas de pétrole, pas de richesse minière. Notre seule ressource naturelle, si l’on excepte le soleil, les vents et un volcan, sources plurielles d’une énergie renouvelable qu’il nous appartient de capter et de domestiquer, notre seule ressource naturelle, c’est un océan dont nous partageons avec les états riverains la responsabilité de la sauvegarde de la ressource ainsi que de sa protection contre toutes les formes de pollution que l’on peut supposer réelles sur ce qui est devenu une voie de passage maritime très fréquentée.
Nous aurons à rappeler que, dans l’état, notre seule île ne pêche que 750 grammes des 15 kilos de poissons que chaque Réunionnais consomme en moyenne chaque année. Nous redirons ce qu’avec la profession nous avions déjà exposé à Bruxelles en janvier dernier et qui est pire : plus de 96% de prises de pélagiques effectuées dans les zones économiques exclusives des états riverains le sont par des bateaux de pêche asiatiques. Lesquels paient des droits ridicules et sans commune mesure avec ce qu’ils prélèvent en réalité. Et pendant ce temps, les difficultés économiques s’accumulent dans les pays de la zone. Madagascar, les Comores, le Mozambique, mais nous aussi à La Réunion, ainsi que Mayotte et l’île Maurice n’avons-nous pas un urgent besoin de voir nos politiques économiques s’enrichir d’une industrie de la pêche digne de ce nom ? Est-il supportable que Madagascar figure parmi les 10 pays les plus pauvres de la planète alors qu’elle pourrait bien imaginer son développement avec, M. James Bond le disait encore il y a peu, l’appui de la Banque mondiale ?
R. Lauret
Le monde a changé
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