N’en rajoutons pas. La boucherie à laquelle un de nos compatriotes s’est livré ce mardi quelque part dans le sud de notre île, tuant à coups de sabre une femme de 36 ans et un bébé de 15 mois, blessant très grièvement une enfant de 2 ans et moins gravement une autre personne de 17 ans, cette boucherie n’a pas de qualificatif. Sauf que...
Sauf que, il y a six ans, sur exactement les mêmes lieux, pour avoir sauvagement agressé à coups de trident sa même épouse et sa même belle-fille, il avait devant le tribunal correctionnel écopé de 9 ans de prison.
Parce que sa conduite a été considérée alors comme positive, il “bénéficiera” après cinq ans de cellule d’un régime de semi-liberté accompagné d’un placement dans une structure adaptée. L’objectif était ainsi de faciliter une sortie anticipée et donc sa réinsertion dans la vie. Voilà pourquoi, trois ans avant le terme de sa condamnation, l’homme sera remis en liberté.
C’était il y a 2 mois tout juste, le 13 juillet 2007. Et avant-hier, il est revenu là où 6 ans auparavant il avait massacré sans toutefois parvenir à tuer.
N’en rajoutons pas. Ni à l’horreur et ni à “l’incompréhension” exprimées, ni à ce sentiment qui peut poindre au fond de certains d’entre nous, sentiment selon lequel ce type mériterait que la peine de mort ne fût pas abolie.
N’en rajoutons pas. Car, tous les meurtriers qui sortent de prison ne recommencent pas, après qu’ils ont purgé leur peine... La plupart des “suivis”, sous le régime de la semi-liberté, aboutissent à des résultats positifs. Et puis, nous connaissons tous des hommes et des femmes qui, depuis le fond de la solitude de leur cellule, ont pu mesurer la gravité de leur geste d’un instant et ont pu s’accrocher à des valeurs pour mériter, dès leur sortie, de retrouver une place (parfois digne) dans la société.
Tout au plus, nous pourrions nous demander à quoi sert-il qu’Alix Noël, une fois arrêté après qu’il eut ce mardi commis son forfait, ait subi des contrôles d’alcoolémie (mais c’est l’usage !), qu’il ait ensuite été mis en garde à vue (c’est la procédure !), puis interrogé (c’est la règle de l‘instruction !) avant qu’un magistrat ouvre une information judiciaire (c’est la loi !).
Oui, à quoi sert-il que des témoins soient par la suite interrogés, que des avocats entrent dans le dossier, que les droits de la défense soient (scrupuleusement) respectés et que, dans quelque temps, une session des assises soit consacrée à ce meurtre et qu’alors la partie civile attaque et que la défense défende...
A quoi tout cela sert-il ? Oui, je le sais, c’est le Droit, c’est la Justice, c’est la République. Oui, je sais. Certes... Mais, tout de même, à quoi tout cela sert-il ? Vous le demandez vous, vous aussi ? Puisque c’est “perpête” qui l’attend...
Raymond Lauret
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