Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
22 novembre 2006

Emmanuelle Haggai, de RFO, connait bien son sujet et encore plus les conséquences de ce qu’elle a choisi d’entreprendre.
En proposant que son émission « Zot Mag » de lundi dernier - le tout dernier de l’année - soit consacrée à ce qu’il est improprement convenu d’appeler « la Continuité territoriale », elle savait qu’elle allait faire tilt dan’tout’not’ caz. L’opérateur chargé de « filtrer » les appels (pour plus précisément éviter les questions qui se répèteraient) en a comptabilisé plus de cinquante. Ce qui, pour une émission qui dure 50 minutes, en fait un bon « taux ». Et l’espace de réflexion qu’elle a ainsi offert à l’opinion n’a pas manqué, dès le lendemain, de provoquer la saturation des lignes du service de la Région. Si on ne le savait pas, il est confirmé que la mobilité est un sujet qui préoccupe et occupe.
On me l’avait dit aussi : les « coups » qu’allait asséner « Madame Aude » iraient aussi bien aux deux compagnies présentes sur le plateau qu’au Conseil Régional, la collectivité en charge de la gestion du dispositif. En vérité, ils furent fair play, constructifs voire complices. De la grande « Madame Aude »...
Je ne suis pas, loin s’en faut, un habitué des débats télévisés. Et puis, pour tout vous dire, je ne suis pas l’élu qui suit directement ce dossier. Mais, parce que je préside la Commission du Développement Economique de la Région dont dépend « la continuité », il me fut proposé d’aller défendre au mieux notre position. A défaut d’un autre, ce fut donc moi.
Je ne peux m’empêcher de croire que la tâche n’était point difficile. Et j’ose espérer que le but qui m’avait été fixé - montrer que tout est fait pour que ça marche - a été atteint. J’ai choisi de seulement dire que, pour les 10 premiers mois d’application (dans la prudence) d’un système qui relève de l’accompagnement social de la mobilité des publics les plus démunis, on n’a dépensé « que » 500 000 €. Que, dès lors, logiquement insatisfaits de cette « cadence », nous élargîmes les conditions d’éligibilité aux aides. Pour les 7 mois qui ont suivi, 5 200 000 € ont alors été dépensés. Ce qui, rapporté à une année, ferait 9 millions d’euros. Soit déjà un million de plus que ce que l’Etat met actuellement à la disposition de toute La Réunion. Difficile, aujourd’hui, d’aller plus loin.
Or, cela aussi était facile à expliquer, la continuité territoriale en Corse, c’est 10 fois plus qu’à La Réunion (600 € contre 60 par habitant). D’où la tentation de rejoindre « Madame Aude » quand elle suggère qu’on rappelle à qui de droit que les Français de La Réunion « que nous sommes nous aussi », sont loin d’être traités comme ceux de la Corse « qu’ils sont là bas » (où ce sont 150 millions d’euros, pour les personnes et le fret).
Et tant pis pour ceux qui vont penser que le courrier que Monsieur Dominique Perben a adressé au Président de la Région Réunion et dans lequel le Ministre des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer dit « sa satisfaction... que le régime d’aides de continuité territoriale...répond pleinement à l’objectif de la loi de programme pour l’Outre mer », est dans l’air du temps et des prochaines élections. Je me contente de relever que, vu la satisfaction gouvernementale sur notre façon de gérer tout ça, on peut donc aller au bout de la démarche. Pour que vienne enfin une vraie continuité territoriale.
Raymond Lauret
Précisions
M. le Préfet Michel Champon, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises a tenu à nous apporter quelques précisions, suite aux Libres propos d’hier mardi de notre chroniquer Raymond Lauret. Nous lui accordons bien volonté ces quelques lignes...
« J’ai lu avec grand intérêt l’article paru dans votre édition de ce jour sous la plume du président Raymond Lauret sur l’action de l’Etat en mer.
Bien que ce texte fasse, de manière très synthétique, le tour d’une approche globale très rapide de la question, je souhaiterais, pour éviter des confusions toujours possibles, apporter quelques précisions :
Tout d’abord, il convient de rappeler, ainsi que je l’ai dit lors de la réunion d’hier, que dans les
2 700 000 km2 de ZEE de la France en Océan Indien, les Taaf en apportent 2 500 000 à elles seules.
Ces ZEE ont la particularité de ne pas être des eaux communautaires, c’est-à-dire qu’elles sont réservées aux seuls pêcheurs autorisés par les Taaf.
De la même manière, ce sont les Taaf qui ont compétence légale pour réglementer la pêche et en exercer le contrôle.
A ce titre, il convient donc de rappeler que les contrôleurs de pêche embarqués sur les navires sont payés par les Taaf (et non par les armateurs).
Quant à l’OSIRIS, navire auxiliaire dédié à la police des pêches, il est intégralement financé par les Taaf, la Région (et je l’en remercie) n’ayant apporté de financement que pour sa transformation.
Il convient donc, de mon point de vue, d’apporter ces précisions pour que vos lecteurs aient une vue précise des responsabilités des uns et des autres et surtout de celles des Taaf, qui sont fiers et honorés de pouvoir conduire ces politiques valorisantes au bénéfice, en particulier, de l’île de La Réunion. »
Le monde a changé
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