Balayer devant sa porte...

29 décembre 2005

Les pétards, y en a que ça gêne et qui n’aiment pas ; y en a qui y voient le signe que la vie est belle et qui aiment donc. Samedi soir, ici et là, ça a pété et ça a illuminé le ciel de nos cités en feux d’artifice de nos petites bourses. Qu’a dû en penser le petit Jésus, lui dont l’anniversaire de la naissance a été confisquée par les marchands de jouets, de foies gras et de champagne ?
C’est là un immense débat que d’autres, et en d’autres lieux, ont à mener. Quoique, j’en aurais moi aussi à dire, ici même... Difficile, en tout cas, de rester “indifférents” à notre société qui a totalement réussi, et au-delà de tout ce qu’elle escomptait, dans un appel à la consommation qui s’entend dans toutes les langues et se traduit sous toutes les latitudes.

Sur une chaîne de Canal Satellite devant laquelle, chez mon fils aîné, je laissais l’autre jour passer le temps, j’eus le privilège de regarder une émission consacrée aux rêves d’enfants d’un village du Niger.
Pour la plupart d’entre eux, Noël c’est l’espérance d’un jouet tel que ceux auxquels je pouvais rêver quand j’avais encore l’âge de croire au Père Noël. "Un joli jouet", diront plus d’un de ces jeunes garçons et filles qu’une caméra était venue filmer dans leur salle de classe. Une salle de classe comme de celles que j’ai connues il y a de bien longues années de cela, lorsque j’étais au CE1...
Et puis, plusieurs des jeunes Nigériens et Nigériennes, assurément bons élèves si j’en juge par la qualité du français dans lequel ils s’exprimaient et par ce qu’il y avait dans leurs regards d’enfants plus mûrs que leurs âges... et puis, plusieurs de ces jeunes demandaient au Père Noël de leur pays du travail pour leurs parents afin que ceux-ci "puissent toujours faire vivre la famille"... Encore si jeunes et déjà responsables !!!

Je vous relate ceci... comme ça... au cas où, comme moi, le 25 au matin, en regardant les rues de certains de nos quartiers, vous avez vous aussi pensé qu’il faudrait que nous lancions une grosse campagne pour inviter nos contemporains, les lendemains de fêtes et de pétards, à balayer devant nos portes. Histoire de ne pas attendre que ce soient les services municipaux - c’est-à-dire des travailleurs - qui viennent faire le ménage là où nous avons, pour notre seul plaisir, “dégueulassé” le bien public.
Allez... désormais, et dès le 1er janvier prochain, on fait péter les pétards mais, après, on balaye devant sa porte... C’est bien la moindre des choses.

R. Lauret


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