C’est joliment raccourci. Quoique, à y regarder de plus près, la réflexion donne du (bon) sens à l’expression bien connue selon laquelle - et Testa ne manque pas de nous la rappeler - « le rugby est un sport de voyou joué par des gentlemen ». Pour avoir, il y a de bien nombreuses années, assisté au Parc des Princes à un France - Pays de Galles et ensuite participé à la 3ème mi-temps dans un grand restaurant de Paris, pas loin de l’Opéra, je puis confirmer qu’il y a effectivement comme un souffle de pureté et de joyeux respect des hommes dans ce sport où on n’a jamais le temps de « prendre la pose ».
Reste que, dire du premier des rugbymen français - et peut-être, dans un mois, du monde !? - qu’il est communiste, c’est glisser un peu vite sur l’art qu’a eu Bernard Laporte de “se vendre” (c’est comme ça que l’on dit des footballeurs célèbres) au monde de la publicité et des affaires.
Le déjà très célèbre sélectionneur français a su en effet faire fructifier son “image” dans des proportions qui valent bien ce qui se fait de mieux. Une foultitude de contrats publicitaires et de partenariats assurent à celui qui détient également des parts non négligeables dans le capital de nombreuses sociétés, casinos ou restaurants, de très, très confortables revenus, certains se situant entre 30.000 et 100.000 euros par an. Au point que son salaire mensuel de 7.500 euros payé par la Fédération Française de Rugby apparaît comme de l’argent de poche !
Bernard Laporte serait donc un “self-made man” qui, sorti de la rudesse des mêlées du rugby, a su transformer ses essais de communicants en de bien rondelettes rentes de vie.
Vu sous l’angle du capitalisme pur, c’est une fabuleuse réussite. Certains parlent même d’insolence pour qualifier un parcours qui a commencé en bleu de chauffe pour finir en nœud papillon...
C’est Bernard Laporte que Nicolas Sarkozy a “sélectionné pour occuper le poste de Secrétaire d’État au Sport, dans le monde de l’olympisme français, il n’a pas manqué de voix pour dire leur scepticisme devant une telle nomination : avoir réussi dans le sport et les affaires n’autorise pas à penser que ça fait de vous un bon Ministre des Sports.
Sarko n’en a cure. Il a même accepté l’exigence du sélectionneur qui, nommé le 19 juin, ne rejoindra son ministère que le 21 septembre... au lendemain de la finale de la Coupe du Monde ! Preuve que notre homme ne manque pas de caractère.
Pour ma part, je note qu’il a fait don de l’intégralité des droits d’auteur de son livre “Le rugby m’a fait homme” à une association (“Greffe de vie”) qui milite en faveur du don d’organe. Serait-il donc resté généreux, comme on l’apprend au rugby ? On le saura dans trois ans... s’il a alors réussi.
Raymond Lauret
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